Le plus et le moins

Entendu ce matin (je résume et supprime langue de bois et précautions oratoires, c’était un sociologue qui parlait):

« Plus les gens appartiennent à des milieux modestes, populaires ou défavorisés, plus ils votent Le Pen.

Mais aussi plus ils s’abstiennent et moins ils s’inscrivent sur les listes électorales. »

Encore un effort et on aura supprimé le peuple.

Une autre campagne

Celle où le printemps est là et où on trouve des nouvelles fleurs tous les jours. Celles-ci par exemple:

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De l’ail sauvage rose. Oui, je sais, sur la photo, il paraît blanc. Mais, je vous assure qu’il est vraiment rose. Il a le goût d’ail et quand on froisse ses feuilles, ça sent l’ail mais sa fleur a un parfum très agréable.

La campagne électorale? Les jeux sont faits, la messe est dite et nous aurons Macron. Ou plutôt c’est lui qui nous aura.

Une histoire d’abattoir et de présidents

L’employé de l’abattoir du Vigan filmé en caméra cachée en train de torturer des animaux a écopé de huit mois de prison avec sursis. Le directeur de l’abattoir n’a pas été inquiété. Les services vétérinaires responsables du contrôle des abattoirs non plus.
Huit mois! Et avec sursis encore! Impunité pour les autres! Ce n’est pas cher payé. Ce n’est donc pas la peine de s’en priver. Allez, les gars! Faites vous plaisir! Allez-y à fond!

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On aménage déjà les futurs bureaux auxquels Pépère en sa qualité d’ancien président de la République aura droit à vie en plus de quelques juteux avantages annexes aux frais du contribuable. Le loyer mensuel se montera à plus de quatorze mille euros. Mais il aura la vue sur le jardin des Tuileries. Indispensable quand on a été habitué aux jardins de l’Elysée.

Il a soixante-trois ans et il va nous coûter bonbon, le bonhomme, s’il vit autant que Chirac et VGE. Encore des gens à qui il faudra administrer l’extrême-onction à coups de marteau.

Un argument à ne pas négliger quand on choisit un président. Pour Macron, on n’y peut plus rien. On peut juste espérer qu’il sera réélu en 2022, ça nous fera cinq ans de moins à le payer à rien foutre. Mais la prochaine fois, élisez un vieux! Ce sera moins cher. Déjà qu’on doit aussi entretenir Sarko qui semble en pleine forme …

Les présidents, c’est comme les vaches de réforme: à l’abattoir! Pas à celui du Vigan quand même. Faut pas non plus exagérer.

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Emmanuel Macron est en route vers l’Elysée. Au premier tour, il a recueilli un peu plus de 24% des suffrages exprimés. Ce qui signifie que plus des trois-quarts des électeurs n’ont pas voulu de lui. Ils l’auront quand même. C’est la démocratie le résultat de ce système électoral tout pourri. C’est sans doute pour ça qu’il demande aux abstentionnistes de voter au second tour. La majorité qu’il obtiendra semblera avoir une assise plus large que si l’abstention augmentait. Mais au fond, ça ne changera rien.

Il n’empêche: les abstentionnistes du premier tour ne voulaient pas non plus de lui. Sinon ils se seraient déplacés pour le lui faire savoir. Vous me direz qu’ils ne voulaient pas non plus des autres.  Les abstentionnistes sont donc des méchants ingrats qui ne veulent pas reconnaître le dévouement de ceux qui veulent être président et sauter des actrices.

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Soyez heureux quand même et portez-vous bien!

Pour un vote « CONTRE »

Je suis depuis très longtemps abstentionniste. Je jugeais que la classe politique était devenue une nouvelle aristocratie qui se nourrissait du peuple et ne voulait son bonheur qu’à condition d’en recueillir les fruits. Je pensais que la démocratie à laquelle je suis profondément attaché avait été vidée de son sens et que les règles du suffrage universel avaient été détournées au profit de cette nouvelle aristocratie. Un exemple parmi tant d’autres: dans nos élections présidentielles, est élue au second tour une personne à laquelle une majorité d’électeurs a refusé sa voix au premier.

En m’abstenant (comme bon nombre de mes concitoyens), je manifestais mon refus de participer à ce que je considérais comme une escroquerie.

Mais aujourd’hui, on atteint des sommets. Même si je n’étais pas abstentionniste, je n’irais voter ni pour Le Pen ni pour Macron.  Le système électoral et le principe du vote exprimé pour l’une ou l’autre va créer une fiction: les électeurs vont être obligés de voter POUR l’une ou l’autre. On va leur faire croire qu’ils ont « préféré » donc choisi leur président.

J’aimerais que l’on puisse disposer de deux bulletins « CONTRE » pour pouvoir refuser explicitement l’un et l’autre. Et à ce moment, j’irais voter.

PS: Ou contre un vote « POUR ».

Le degré zéro de la démocratie

Tout a fonctionné comme prévu. La classe politico-médiatique a gagné. Plutôt que de se reposer, comme par le passé, sur des soi-disant partis de gouvernement de plus en plus déconsidérés qu’elle était obligée de manipuler à grands frais pour obliger la droite à faire une politique de gauche et la gauche à faire une politique de droite et aboutir à un « ni droite ni gauche » bon pour les affaires et la consolidation des privilèges, elle a sauté le pas: elle a créé son parti et fabriqué son candidat.

Et quel candidat! Un parfait inconnu, une coquille vide. Mieux! Un coquillage qui, quand on l’applique sur son oreille, vous fait croire que vous entendez le bruit de la mer alors que vous n’entendez que votre propre cœur.

Un parti sans idées, un candidat sans programme. Un nouveau produit plein de colorants, d’arômes de synthèse et surtout -surtout- de conservateurs. On a soigné l’emballage (on devrait plutôt dire le packaging), on a peaufiné le plan média, les campagnes de promotion, les opérations de relations publiques et la stratégie marketing. Il ne restait plus qu’à savonner la planche des concurrents à coup d’affaires, de trahisons des uns, de ralliements des autres, tous aussi improbables et du soutien de quelques pipoles.

C’est ainsi qu’on voit parachuté au second tour un type qui aurait eu du mal à gagner un siège de conseiller général. Et qu’il a face à lui l’épouvantail soigneusement monté et entretenu que l’on ressort comme neuf dès que le débat politique s’essouffle.

Et justement, au second tour, un boulevard s’ouvre devant lui. Bien sûr, il va faire campagne mais il pourrait se passer d’argumenter et de débattre, il pourrait se laisser porter par la vague jusqu’à l’Élysée car il dispose de l’argument de ceux qui n’en ont pas, celui qui remplace les promesses, les programmes et les projets (et accessoirement le beurre qui manque dans les épinards): faire barrage au Front national.

Voici le moment de rappeler cette phrase de Giuseppe Tomasi di Lampedusa: « Il faut que tout change pour que rien ne change ». C’est pourquoi l’opération Macron est un succès pour ceux qui l’ont montée. Bravo à eux! Et tant pis pour les citoyens qui ont confondu démocratie et suffrage universel.