Médias, levez-vous!

C’est une chose entendue, les Français n’accordent qu’une confiance toute relative aux médias et aux journalistes. Comme d’ailleurs aux politiques qui s’en servent et qui les servent. On peut les critiquer, les accuser d’être aux ordres du pouvoir, d’être les porte-parole de la pensée unique, d’être majoritairement de gauche, de mentir quelquefois, de passer sous silence ce qui les dérange et de s’ériger en policiers ou en juges.

Mais de là à vouloir comme Mélenchon créer un « Tribunal des médias », il devrait y avoir plus qu’une marge. Il devrait y avoir une frontière infranchissable.

La presse est libre, dit-on. Du moins elle devrait l’être. Qu’elle ne fasse pas toujours bon usage de cette liberté est une autre affaire.

Même chargé de ne décerner que des « sanctions symboliques », un tel tribunal est une négation de la démocratie.

Qui siègerait à ce tribunal? Des journalistes? Des représentants d’un quelconque ministère (Culture? Intérieur?) ou de partis politiques? Des copains de Mélenchon? Qui accuserait? Qui défendrait? Y aurait-il même une défense?

Et combien de temps les sanctions resteraient « symboliques »? Quelles seraient, pour les « condamnés » les conséquences des sanctions?

Comme on peut l’imaginer, ce remède à la maladie de la presse serait bien pire que le mal.

Heureusement, l’idée n’est venue que de Mélenchon! Espérons qu’elle ne trouvera d’écho ni chez les princes qui nous gouvernent ni dans l’opinion publique.

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Et maintenant?

On pouvait faire mieux, mais ç’aurait été difficile. La principale liste nationaliste a obtenu plus de 45% des voix. La liste nationaliste plus radicale, presque 7%. Et la droite qui se dit « régionaliste », plus de 14%. Le second tour risque d’être rigolo.

Quelle conclusion en tirer? Que les autonomistes, nationalistes et régionalistes représentent une écrasante majorité.

Qu’augurer de la suite? Pas grand chose. A Paris, on va, comme d’habitude jouer la montre, faire traîner. Tout ceux qui connaissent la Corse ou croient la connaître (comme un de mes amis qui est allé deux fois au Club Med il y a vingt ans), ceux qui ont un copain qui y a une maison, ceux qui y ont campé quelques semaines d’été, les politiques qui sont allés passer deux jours « sur le terrain » rencontrer quelques notables, les journalistes qui en ont entendu parler, tous vont avoir un avis autorisé. Sans parler de ceux qui, quoi qu’il arrive, vont entonner la chanson de la « République une et indivisible ».

Et puis, on va en entendre de sévères sur « les Corses », bandits, terroristes, mendiants qui, comme l’a dit un jour l’ignoble Christophe Barbier, « sans la France ne mangeraient que des châtaignes » et à qui, pour résumer, on va reprocher d’être corses. Ça défoule. En dire autant des Juifs ou des Arabes vous fait tomber sous le coup de la loi. Tandis que là …

Donc (je suis pessimiste, on ne se refait pas), une élection pour rien. Juste pour le plaisir. C’est toujours ça.

Encore une occasion: le second tour dans une semaine. Après? En Corse, on s’est exprimé. Voyons ce qu’on va dire à Paris.

 

République: mot-valise

J’ai titré « mot-valise », j’aurais pu écrire « mot-fourre-tout ». Comme je viens de vous le dire, demain c’est le premier tour des élections territoriales en Corse. Alors, le JDD nous sert une analyse chiffrée des précédents scrutins, en déduit que les nationalistes sont les grands favoris et nous explique pourquoi. Enfin, un peu: « le déclin des anciennes forces dominantes« . A vous de comprendre.

Les anciennes forces sont la droite, la gauche et le reste qui ont servi de relai aux ordres de Paris en perpétuant un système de clans (grosses magouilles et petites faveurs) dont le mode de fonctionnement est d’asseoir leur pouvoir en donnant à leurs partisans ce à quoi il n’ont pas droit et en empêchant leurs adversaire d’obtenir ce à quoi ils ont droit. A l’évidence, ça fonctionne de moins en moins bien. Un des chefs de clans traditionnels (et héréditaires), pourtant soutien de Macron aux dernières présidentielles a été rattrapé par la Justice: trois ans de prison ferme, cinq ans d’inéligibilité et 100 000 euros d’amende pour détournement de fonds publics. Les temps changent!

Mais -c’est le JDD qui l’affirme- les nationalistes ne sont pas imbattables (on peut rêver, rendez-vous demain soir) parce que « leurs adversaires veulent démontrer qu’ils représentent à nouveau une alternative puissante et crédible, réaffirmant l’ancrage républicain de l’île. »

« Ancrage républicain »! Après réflexion, au vu de la situation de ceux qui représentent « l’ancrage », j’aurais dû écrire « mot-poubelle ».

Témoin de Jupiter

Au cas où vous l’ignoreriez, il y a des élections en Corse. On vote demain et le dimanche suivant pour élire les membres de l’assemblée territoriale.

Vous vous en foutez et vous avez bien raison. Continuez comme ça.

Alors, vous vous demandez peut-être pourquoi je vous raconte ça.

C’est qu’hier soir, le téléphone a sonné et j’ai entendu un message enregistré de la tête de liste du parti macronien. Langue de bois et pipologie, comme vous vous en doutez.

La veille, j’avais eu la visite des témoins de Jéhovah. J’ai eu l’impression que le discours d’hier était de la même veine que celui d’avant-hier.

Sidération

La Corée du Nord peut maintenant atteindre les USA (et l’Europe!). On aurait dû (aurait-on pu?) l’arrêter avant. Comme on aurait pu et dû arrêter Hitler. Maintenant, nous voici tous bien embêtés. Vous m’objecterez que le Pakistan a aussi la bombe et qu’on s’en accommode. On a tort. Ce pays d’illuminés  (capitale Islamabad, ce qui veut tout dire) doit bien compter dans ses millions d’habitants un type qui serait prêt à vitrifier Juifs et croisés ou à envoyer sa bombe sur l’Inde voisine qui, elle aussi, a la bombe.

Le monde ne sait plus quoi faire maintenant qu’il constate que la dissuasion nucléaire n’est qu’une fumisterie. Trump veut de nouvelles sanctions contre le pays du matin calme. A sa place je n’irais pas chatouiller un type qui a au plafond une araignée commak, qui risque de s’énerver si on le prive de pétrole et qui peut transformer Washington en Hiroshima 1945 s’il se lève du mauvais pied

A côté de ça, l’affirmation rigolote de Macron selon lequel il n’y aurait plus de politique africaine de la France prend tout son sel quand on voit que ç’a été dit en introduction de sa tournée africaine. Et dire que le président Haut-Voltien (burkinabé pour les jeunes) est parti réparer la clim’ a dû faire plaisir à Ouagadougou.

Les pays sunnites ont créé une organisation destinée à combattre le terrorisme. Quand on voit ce que l’Arabie saoudite fait au Yemen, on peut avoir des doutes. Et des craintes pour la suite.

La communauté internationale est en état de sidération.

C’est pourquoi les médias vont à l’essentiel: le journal de RFI ouvrait ce matin sur le tirage de la coupe du monde de foot.

 

A vous de trouver

Un adjectif qui n’est employé qu’au masculin pluriel.

Réponse ce soir peut-être ou peut-être jamais.

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Un indice:

 Description de cette image, également commentée ci-après

Un autre indice:

David Bowie Is Happening Now

Et enfin:

Et la réponse est « vairons » toujours associé au mot « yeux ».

Pour la définition, allez voir le dico.

PS: un adjectif qui échappera à l’écriture inclusive.