Annonces gigognes

L’annonce de l’annonce de l’annonce de la candidature de Macron interviendra le moment venu, nous dit-on.

L’annonce de l’annonce de ce moment sera faite par un membre de l’entourage du président.

Les médias seront alors informés enfin qu’il annoncera sa candidature au cours d’un meeting (ou d’une intervention télévisée) ou à l’occasion d’une interview « accordée » à un grand quotidien régional dont la date reste à fixer et qui fera l’objet d’une annonce officielle.

On espère que l’annonce définitive interviendra avant le premier tour des présidentielles.

Mais rien n’est moins sûr car, le président étant assuré d’être au second tour même s’il ne se présente pas, il se peut qu’il n’annonce sa candidature qu’une fois connus les résultats du premier tour.

Certains analystes pensent même qu’il n’annoncera jamais sa candidature et qu’il sera élu quand même. Ce qui sera la preuve évidente de son immense popularité.

Le courage de mes opinions

J’ai un ami qui aime bien l’hiver, les promenades dans la neige, un « bon froid sec », un feu dans la cheminée, le plaisir de rentrer dans une maison bien chaude et tout est tout.

Il faut dire qu’il habite en proche banlieue de Paris, dans un appartement bien chaud depuis qu’on a réparé sa chaudière, qu’il n’a pas vu de vraie neige depuis lulure et qu’il n’a pas de cheminée.

Moi, je proclame, persiste et signe: « L’hiver je suis contre ».

C’est mieux que si c’était pire

L’électricité va augmenter de 4%. Réjouissez-vous, braves gens!

Car c’est 35% de plus que vous auriez dû payer à cause du pétrole, de l’hiver, des taxes, de l’EPR dont le coût est encore une fois à la hausse, des centrales nucléaires vieillissantes qui sont « en maintenance » quand ce n’est pas en soins palliatifs, de la reprise, de l’inflation etc.

Mais dans sa grande bonté, le gouvernement va réduire la hausse à 4%. Vous êtes prié de dire merci.

Vous paierez la différence sous une autre forme après les présidentielles.

Et tu veux aussi ma photo?

Je pose la question mais je connais la réponse tellement le fichage va dans le détail.

Deux exemples:

  • il m’est arrivé dans certains de mes articles de faire allusion à mon âge, je reçois donc depuis quelque temps quand je vais accompagnées de la photo d’une pin-up aux cheveux blancs;
  • j’ai dernièrement visité à plusieurs reprises le site de Nemo auditur. Son dernier article s’intitule: « Le violon dans son étui ». Et je reçois, toujours à côté de la fenêtre « Spider solitaire », des offres pour acquérir un violon.

Voilà. Mes amitiés à Big brother. Et bonjour chez vous.

Lâchez-vous!

Macron veut « emmerder » les antivax. Pécresse, pour ne pas être en reste, veut « ressortir le Karcher de la cave » où Sarko l’avait oublié. La campagne électorale devient popu (pas populiste, c’est une marque déposée par ceux qui parlent des gôchistes ou des fâchistes). Il y en a qui affectent de s’offusquer mais moi, je rigole.

J’attends la surenchère de petites phrases soigneusement préparées que les candidats vont lâcher pour montrer aux électeurs qu’ils peuvent être spontanés, qu’ils peuvent, eux aussi, parler comme des « vrais gens » (ce qui pourrait laisser supposer qu’eux-mêmes ne sont pas vrais).

Et puis, des expressions on passera, du moins je l’espère, aux remarques acerbes, aux critiques « ad hominem », aux allusions au physique de tel ou telle, aux fréquentations douteuses (dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es) et, le plus vite possible (voyez comme je suis impatient!), aux insultes.

J’attends les « tête de nœud »!, les « voyou! », les « pauvre con! », « pédé! », « peine à jouir », « pouffiasse », « turlupin », « escroc » etc. Je suis certain qu’il y aura de quoi faire et de quoi dire quand je pense aux branquignols qui se présentent à nos suffrages.

Qu’un seul perde vraiment son calme et les autres suivront. Et là, on va vraiment pouvoir s’amuser.

Qui sait? Ce sera peut-être le meilleur remède à l’abstention.

En quelque sorte

La main sur le cœur et la déontologie en bandoulière, les médecins de la télé nous affirment que jamais au grand jamais on ne triera les malades dans les hôpitaux.

Mais déprogrammer les opérations non-urgentes, n’est-ce pas déjà effectuer une sorte de tri?