Les paris sont ouverts

Je vous ai conté dans de précédents articles mes tribulations de vaccinophile prioritaire. Eh bien! Ça ne s’arrange pas: pas moyen de joindre le centre de vaccination débordé ni par téléphone ni par internet. Et j’apprends que les vaccins arrivent au compte-gouttes.

Le temps passe et je ne rajeunis pas. Alors je me pose une question: Arriverai-je à être vacciné de mon vivant?

Castex est content. Pas moi.

Je viens d’apprendre que notre premier ministre (que la Tarasque le patafiole!) a manifesté sa satisfaction en publiant le nouveau chiffre des vaccinations. Chiffre qu’il semble attribuer à son efficacité dans la gestion de cette crise sanitaire.

On a dépassé le million d’injections et un peu plus de dix-huit mille dans les dernières vingt-quatre heures comptabilisées.

On peut supposer (ou espérer) que n’ont été vaccinés que les publics prioritaires (personnel soignant, EHPAD, plus de soixante-quinze ans etc).

A la louche et d’après l’Insee, ces prioritaires sont environ dix millions.

Castex est content qu’un million de gens soient vaccinés. Je ne suis pas content que neuf millions ne le soient pas.

Surtout quand je fais partie de ces neuf millions et que je n’arrive même pas à avoir un rendez-vous ou même un espoir de rendez-vous.

Campagne de vaccination: l’organigramme

Comme son nom le suggère aux lecteurs hellénistes, Pangloss dit tout même quand il ne sait pas grand chose. Il n’est donc pas étonnant qu’il parle de cette campagne vaccinale dont les media nous rebattent les oreilles et en particulier de ceux qui la mènent, du commandant en chef au simple soldat. Il est heureux de livrer à ses fidèles lecteurs les noms de ceux qui jouent dans cette farce qui nous fait de moins en moins rire.

Dans le rôle du président de la République, voici Croquignol, dans celui de son premier ministre, Ribouldingue et dans celui du ministre de la Santé, Filochard. Au niveau au-dessous, les Marx Brothers, Groucho, Harpo, Chico, Gummo et Zeppo jouent les autres membres du gouvernement et n’apparaissent que de temps en temps sur nos écrans pour délivrer des répliques qu’on a oubliées avant même qu’ils aient fermé la bouche.

Et puis il y a ceux qui font la foule, qui constituent des comités, siègent dans des conseils, font partie des hautes autorités, travaillent dans des agences, peuplent les bureaux et qui s’agitent, organisent, commandent des vaccins, les réceptionnent (ou pas), les répartissent (ou pas), créent des centres qui sont surchargé ou qui ferment faute de vaccins, diffusent des numéros de téléphone qui ne répondent pas et ouvrent des sites internet saturés destinés à une population dont plus de la moitié n’a pas d’ordinateur ou de smartphone. J’ai nommé la Troupe des Branquignols. On les applaudit bien fort.

Enfin, il y a la piétaille abandonnée en rase campagne et qui est censée se démerder: la Septième compagnie constituée des maires qui doivent héberger des centres, des médecins qui sont volontaires pour superviser les vaccinations, des infirmières qui injectent les doses et de tous ceux qui font tourner ou qui essaient de faire tourner ce système mal fichu et qui subissent les conséquences des erreurs commises en haut lieu.

Et devant l’invasion de virus de plus en plus mutants, la population civile n’a même plus la solution d’un exode.

Cette population est en colère, disent les sondeurs; et Macron a le culot de fustiger cette France peuplée selon lui de soixante-six millions de procureurs. Il néglige le fait que ce sont avant tout des citoyens de ce pays, qu’ils ont le droit de vote et qu’ils ont parfaitement le droit de demander des comptes et de manifester leur mécontentement à ceux qu’ils ont élus.

Les tribulations d’un vaccinophile prioritaire (suite 1)

Aujourd’hui, quatrième jour de l’ouverture du centre de vaccination. Depuis hier, j’obtiens le répondeur (c’est un progrès, avant, ça coupait à la première sonnerie) qui m’annonce ne pas pouvoir prendre mon appel et m’invite à rappeler ultérieurement ou à prendre rendez-vous sur le site internet. Lequel m’avise que « ce site n’a plus de créneau actuellement« . A ce rythme et vu mon grand âge, je risque plus de mourir d’une des autres maladies qui me menacent (cancer, rupture d’anévrisme, AVC, infarctus) que du covid avant d’être vacciné.

Une bonne âme m’indique en commentaire le lien qui me donnera la liste des centres ouverts en Corse du sud (c’est gentil mais je réside en Haute-Corse) et me conseille de « ne pas hésiter à téléphoner à la mairie du lieu du centre choisi pour appuyer ma demande si la prise de RV bloque« .

Ce que je trouve un peu curieux. Il semblerait que l’on puisse se faire pistonner par son maire pour obtenir d’être vacciné. Est-ce qu’on est encore plus prioritaire si on téléphone à son député? Y aurait-il des priorités plus prioritaires? Impression confortée par ce que j’ai entendu ce matin sur RTL: « Certains élus confondent campagne électorale et campagne vaccinale » et par ce que m’a raconté une de mes relations rambolitaine (il habite Rambouillet).

Ne réussissant pas à obtenir son centre de vaccination pour avoir un rendez-vous, ce brave homme a appelé la mairie qui a noté son nom et son numéro de téléphone en lui demandant quand il désirait recevoir son vaccin. « Tout de suite », a-t-il répondu. On l’a rappelé quelque temps après, il a été vacciné l’après-midi même avec son épouse et on lui a fixé un rendez-vous pour la seconde injection dans trois semaines. Inutile d’ajouter qu’il est dithyrambique sur l’efficacité et la disponibilité de son maire qui, il me l’a assuré, pourra compter sur sa voix aux prochaines élections.

Moi que l’idée de mendier un passe-droit répugne, je me contenterai de composer périodiquement le numéro de téléphone du centre de vaccination. Sans espoir car, les vaccins étant en quantité insuffisante, ils seront sans doute réservés aux pistonnés.

Les tribulations d’un vaccinophile prioritaire

Un centre de vaccination a été ouvert aujourd’hui 18 janvier à 10 kilomètres de chez moi. Internet m’indique son numéro de téléphone et son adresse. J’ai appelé tôt ce matin, ça n’a pas répondu. J’ai insisté jusqu’à ce que je tombe sur ce message: « Désolé mais ce répondeur ne peut plus prendre de message ». Ma fille qui allait faire des courses a essayé de localiser ce centre pour y prendre rendez-vous. L’adresse est trop vague. Elle n’a rien trouvé.

J’essaie toute la matinée. Sans succès.

Il est midi, je vais déjeuner. Je vous tiendrai au courant de la suite.

Il est plus de seize heures et j’entends toujours le même message.

Dernière tentative à dix-sept heures.

Je laisse tomber. Je viens d’apprendre que tous les rendez-vous sont pris jusqu’au mois de mars.

Avec les Pieds Nickelés, on n’est jamais surpris.

Proximités, géolocalisation et clientèle captive

Mon âge me permet de faire partie de ceux qui peuvent être vaccinés à partir de demain. Aussi me suis-je rendu sur le site santé.fr pour savoir où se trouve le centre de vaccination le plus proche de chez moi. Plusieurs essais infructueux (« an error occurred ») m’ont fait supposer que le site devait être submergé par les demandes contrairement aux affirmations d’un certain Véran. Les radio devraient contrôler la crédibilité de ceux qui viennent parler dans leurs micros.

Obstiné, au bout d’un temps plus que certain, j’ai fini par accéder à la page qui m’a appris que les centres se trouvaient à 29, 40, 66, 75, 80 et 93 kilomètres de chez moi. Bon.

Curieux, j’ai voulu savoir si on était mieux loti ailleurs et j’ai tapé au hasard le nom de quelques villes. C’est ainsi que j’ai découvert que si je me rendais à la salle Platon de l’Université ELSAN à Désertines (03), je ne serais qu’à 952 mètres de mon domicile et si je préférais la salle des fêtes de Montluçon (toujours 03), je devrais me taper un peu plus de trois kilomètres. Je pourrais aussi me faire vacciner au centre hospitalier de Bergerac à 688 mètres de chez moi. A Alençon, je pourrais me faire piquer à 760 mètres. Etc etc.

Heureusement que ce site est un site public car si c’était celui d’une entreprise vendant ses produits sur internet, elle n’inspirerait pas confiance. On aurait peur que leurs colis se perdent en route. Je sais que les gens qui croient nous gouverner n’inspirent pas confiance non plus mais, pour l’instant, ils ne courent pas le risque de perdre leurs clients.

Excommunication

Vous vous souvenez du temps où le pape excommuniait les empereurs et les rois, ce qui leur posait de gros problèmes dans leurs relations avec leurs vassaux et leurs sujets. C’était il y a plusieurs siècles et le pape n’excommunie plus les chefs d’Etat. De nos jours, les patrons d’internet ont pris sa place.

Donald Trump dont on craint à tort ou à raison qu’il ne faudrait pas le pousser beaucoup pour qu’il déclenche une guerre civile (le FBI parle d’un assaut des capitoles dans l’Amérique entière samedi prochain) vient d’en faire l’expérience. Pour lui, le mot « excommunication » est revenu au sens propre: c’est l’exclusion de la communication.  On lui a fermé définitivement son compte Twitter. « Bien fait! », diront certains, « Il ne pourra plus diffuser ses appels à la révolte ». Mais pourquoi s’arrêter là? Pour l’empêcher de nuire, il faut aussi lui retirer son permis de conduire, fermer ses comptes bancaires, lui couper le téléphone et -allons jusqu’au bout!- l’eau, le gaz et l’électricité.

Les anti-Trump jubilent et il y a des gens qui voient dans cette fermeture de compte twitter la preuve que les GAFA, loin d’être dangereux, sont le dernier recours de la démocratie en empêchant les nuisibles d’accéder aux réseaux sociaux. Vivent les GAFA, donc!

En France, on pourrait en prendre de la graine. Qui se plaindrait si les comptes Twitter de Florian Philippot, Marine Le Pen, et autres Robert Ménard étaient fermés par les Californiens? Certainement pas Mélenchon et les autres gauchistes, antifascistes, anticapitalistes, trotskistes ou marxistes-léninistes. Et dans la gauche républicaine? Je ne suis pas certain que les protestations seraient véhémentes. Et si c’étaient les comptes des gauchistes qui étaient fermés, qui protesterait autrement que mollement au Rassemblement National et chez les représentants de la « droite décomplexée » des Républicains?

Et tous les blogs non-conformistes, anti-système, ricaneurs, sceptiques, irrespectueux (je ne désigne personne, les intéressés se reconnaîtront; faites attention quand même), ne faudrait-il pas les surveiller de plus près en cette période incertaine? Et, pour plus de sûreté, demander à nos amis américains d’en fermer quelques-uns, ne serait-ce que pour l’exemple, afin que les autres rentrent dans le rang citoyen et républicain?

« Brave new world » ou « Big brother », au choix.

Transparence! Que de conneries on commet en ton nom!

Le nouveau gadget de Macron vient de sortir: un nouveau collectif de « citoyens » représentatifs (?) tirés au sort pour «émettre des observations et de formuler des recommandations sur la politique vaccinale». Ils seront trente-cinq. Pour le climat, ils étaient cent cinquante mais ça, c’était avant l’épidémie. En cette période de vaches maigres, il n’y a pas de petites économies.

On se demande si Véran, Salomon et le professeur Alain Fischer que Castex vient de bombarder coordinateur de la stratégie vaccinale auront la chance d’être tirés au sort. Ce serait bien, car en fait, c’est leur boulot. S’ils ne savent pas s’y prendre, ils n’ont qu’à téléphoner à Angela Merkel, elle leur expliquera comment faire.

Je viens de m’apercevoir que le collectif s’occupera de la politique vaccinale du gouvernement tandis que Fischer, lui, coordonnera la stratégie vaccinale. Nuance! Il reste à trouver quelqu’un pour régler la tactique et on pourra commencer à chercher des vaccins, des vaccinateurs et des volontaires pour recevoir cette piqure. Ce qui ne serait tarder. Arrêtez de rigoler, ce n’est pas drôle!

Ce collectif rendra sa copie à l’automne. On saura alors ce que concluent ces trente-cinq pékins. Boulot facile, il suffira de compter le nombre de personnes vaccinées, de savoir si ce nombre correspond aux 45% de gens favorables à la vaccination et qui voulaient recevoir le vaccin et enfin de compter combien de ceux qui, voulant être vaccinés et ne l’ont pas été, sont morts du covid.

Si vous me dites qu’il faudra bien les trouver, ces chiffres, je vous répondrai qu’il suffit de regarder la télé et d’écouter la radio: on nous les rabâche plusieurs fois par jour.

La santé fragile des Gaulois réfractaires

La France vaccine prudemment au point qu’on peut se demander si elle vaccine tout court. C’est que les Français sont méfiants, dit-on. Je crois surtout qu’ils sont de santé fragile, ce qui explique leur crainte des effets secondaires. Effets qui, c’est heureux mais étonnant pour nos esprits cartésiens, ne touchent pas les étrangers de constitution à l’évidence plus solide que la nôtre.

Car pour l’instant, parmi les vaccinés, on n’a pas relevé d’hécatombe en Allemagne; on n’y ramasse pas les cadavres dans les caniveaux; les Britanniques ne sont pas en train d’étouffer au fond de leur lit ni de se tordre dans d’atroces souffrances, les Américains ne voient pas leur visage se couvrir de pustules peu ragoûtantes ni leurs enfants se transformer en loups louveteaux-garous.

Mais ça viendra, disent les sceptiques. Alors que les Français mourront du covid (mais avec prudence et modération), les étrangers mourront du vaccin (mais en masse). Et s’ils ne meurent pas, ils le devraient ne serait-ce que pour donner raison aux sceptiques.

Faut être logique!