Le dernier verrou peut sauter

Les policiers manifestent. On les comprend. Mettez-vous à leur place. Ils sont les cibles désignées des petits voyous, des racailles et des apprentis djihadistes (ce sont souvent les mêmes) qui les harcèlent, les agressent et vont jusqu’à la tentative d’assassinat. Et tout ça avec une Justice qu’ils accusent de laxisme et d’une indulgence coupable envers les criminels.

Le pouvoir est dépassé et ne prend même pas la mesure de la gravité de la situation. N’a-t-on pas ouvert une enquête pouvant déboucher sur des sanctions après la première manifestation?

Il soutient sa police du bout des lèvres mais ses actes contredisent ses paroles. Il a laissé se développer (et semble soutenir en sous-main pour bénéficier d’une masse de manœuvre dans ses manifestations) une contestation d’extrême-gauche hostile à la police.

Face à la colère des policiers, on en est encore à des appels à l’apaisement! On promet un dialogue et une concertation. Ne se rend-on pas compte en haut lieu que l’apaisement que l’on demande risque de ne pas se satisfaire de dialogue? Le dialogue, c’était bon avant que la grogne ne se manifeste. Espérons que la police ne se satisfera pas de mesurettes et de promesses de crédits ou de créations de postes! Ce ne serait que reculer pour mieux sauter et il ne serait pas bon que ça saute pendant les jours qui précèderont les élections présidentielles.

On connaît les raisons qui ont poussé des policiers à manifester. Ce sont ces raisons que le pouvoir doit prendre en compte.

Les manifestations de policiers sont des événements gravissimes. En cas de fronde de ces fonctionnaires, qui enverra-t-on disperser les manifestations?

La police est toujours le dernier soutien d’un régime fragilisé ou plutôt l’avant-dernier. Si la police fait défaut, il ne reste plus que l’armée et, compte tenu de sa politique vis-à-vis de la grande muette (qui commence à dire et faire dire ce qu’elle a sur le cœur) il n’est pas certain que le régime actuel puisse compter sur elle. Il n’est d’ailleurs pas souhaitable, pour des raisons évidentes, qu’il fasse appel à elle.

La police est donc le dernier rempart de ce régime. Ne pas l’écouter, ne pas infléchir la politique menée actuellement serait une grave erreur pour un pouvoir aux abois.

Mais les choses sont allées trop loin. Hollande, Cazeneuve, Valls, le PS, la gauche en général voudront-ils, pourront-ils même, reconnaître leurs erreurs et en tirer les conséquences?

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16 réflexions sur “Le dernier verrou peut sauter

  1. Boutfil 21 octobre 2016 / 12 h 58 min

    Plusieurs généraux, Tauzin, Martinez, Piquemal, et d’autres viennent maintenant dire ouvertement les choses, la grande muette risque aussi de l’ouvrir bientôt , ça sent le cramé

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    • Pangloss 21 octobre 2016 / 13 h 02 min

      La Hollandie s’effiloche comme une vieille serpillière.

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  2. amike 21 octobre 2016 / 13 h 26 min

    Attention : il y a la base ET l’encadrement. Si les manifestants sont hors cadre syndical, c’est que les reproches cibleraient plutot les cadres de la police, qui on mis les syndicats dans leur poche… Si les moyens manquent a la base, est-ce un probleme de ressource ou d’emploi ? Compte-on dans les moyens le cout des radars dans la campagne des provinces, ou le remplacement des vehicules de police usees dans les banlieues ?

    Certes, la Justice et le Ministere, mais quid des hauts fonctionnaires ?

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    • Pangloss 21 octobre 2016 / 13 h 53 min

      J’ai l’impression que la hiérarchie est shuntée au sommet. Les policiers interpellent directement le pouvoir en place. Les crédits et les moyens sont une chose. La politique pénale, la magistrature et l’attitude vis à vis de la délinquance des banlieues en sont une autre. La police ne se sent pas soutenue. Pire, abandonnée. Et c’est grave.

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  3. jacquesetienne 21 octobre 2016 / 15 h 43 min

    Ce gouvernement et le président qui l’a nommé ne sont capables que de calculs politiciens qui, même s’ils saisissent l’ampleur des mécontentements, les empêchent d’en tenir compte. La perspective de prochaines élections leur interdit de mécontenter leur aile gauche, du moins sur le plan idéologique. Ils semblent oublier qu’ils ont déjà perdu son soutien par leurs réformettes économiques.

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    • Pangloss 21 octobre 2016 / 16 h 26 min

      Je pense qu’ils sont dans un état de sidération qui les empêche de réagir sainement. Ils espèrent que ça se calmera tout seul ou avec une « concertation ». Et moi, j’espère qu’ils n’emploieront pas la manière forte.

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  4. Souris donc 21 octobre 2016 / 18 h 16 min

    Depuis longtemps il y a un malaise entre policiers et magistrats. Dès qu’ils poissent une racaille, elle est dehors avec un rappel à la loi. La racaille va aussitôt narguer la police. Depuis que les policiers ont été brûlés vifs, tués à leur domicile devant leur enfant, sans parler du panneau CGT, ils ne peuvent légitimement plus en tolérer davantage. La concertation et le dialogue, c’est du truc de gauchiotte pour gagner du temps, ça va mal finir. Très mal.

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    • Souris donc 21 octobre 2016 / 18 h 27 min

      Les médias parlent du « sentiment d’impunité », c’est comme le « sentiment d’insécurité », sauf que la racaille est encouragée. Nuance.

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      • Pangloss 22 octobre 2016 / 7 h 44 min

        C’est la racaille qui a le sentiment d’impunité, la police a le sentiment d’insécurité. Il faudrait arrêter d’être à ce point sentimental! !-)

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    • Pangloss 22 octobre 2016 / 6 h 33 min

      Bien résumé et je suis d’accord. Ce pouvoir a passé son temps à gagner du temps. Il ne lui en reste plus beaucoup à gratter.

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    • Pangloss 22 octobre 2016 / 7 h 44 min

      Il ne le reconnaîtraient pas s’il les trouvaient dans leur assiette.

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  5. Homo Orcus 22 octobre 2016 / 6 h 12 min

    Relativisons, s’ils étaient agressés par des boules à zéro ; ils ne tireraient pas ?

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    • Pangloss 22 octobre 2016 / 7 h 45 min

      Bonne question!

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  6. Le Mousquetaire des Mots 24 octobre 2016 / 1 h 14 min

    Je crains que ce soit moins simple qu’il n’y paraît. Lorsque la gauche est arrivée au pouvoir, la crise avait tellement écorné l’image présidentielle et gouvernementale que de fols espoirs sont nés. Or, on ne résout pas une crise (pire que celle de 1929) aussi profonde du jour au lendemain. Dès qu’elle a éclaté j’avais écrit que nous en avions au moins pour 10 ans et même davantage et qu’on n’en sortirait pas indemnes. Je dirais que les non-dits de la précédente présidence n’ont pas permis la prise de conscience indispensable pour que soit accepté le fait qu’on était dans une merde noire. Aujourd’hui encore, nous payons au prix fort. Et cela ne nous plaît pas. On a l’impression d’avoir été floués. Police comprise. On ne peut que comprendre le malaise, d’autant que la violence est de partout. Il n’y a d’ailleurs pas que les policiers pour être pris à partie (pompiers, enseignants, médecins…). L’ordre établi chancelle parce qu’il n’y a plus de repères. Et chacun en fait les frais. Nous avons tous de revendications légitimes, mais nous oublions que ceux qui gouvernent ne sont que des hommes, qu’ils subissent les aléas de la mondialisation, qu’ils sont dans la même nasse que nous. Demain, ce sera la droite ou l’extrême-droite qui sera aux rênes du pays. Que croyez-vous qu’il adviendra ?
    Je trouve terrible que les policiers, parce qu’il y a instabilité, terrorisme, manque de moyens réels, soient armés même en-dehors de leur service. Je ne voudrais passer pour pessimiste, mais ça sent la bavure à plein nez. Même si je comprends cette mesure, je ne suis pas d’accord. Répondre par la violence à la violence n’est pas la solution. Et d’ailleurs, y a-t-il une solution ?

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    • Pangloss 24 octobre 2016 / 8 h 42 min

      La crise économique est une chose. Elle est inhérente au système et donc permanente. Avec des soubresauts parfois violents. On est passé très vite à une société de SUR-consommation (même si beaucoup n’y ont pas accès) dans laquelle ce qui étaient des gadgets il y a quelques décennies est devenu un ensemble d’outils indispensables et même obligatoires. Un exemple: regardez le budget d’une famille même modeste consacré à l’informatique (ordinateurs, tablettes, smartphones et le prix de tous les abonnements qui vont avec). Et comparez avec la situation il y a vingt ans. Voilà pour la crise économique.
      Pour que ce système perverti fonctionne, il doit s’autodétruire peu à peu. D’où ce que vous appelez la « perte de repères ». Ces repères n’ont pas été égarés, ils ont été peu à peu grignotés avec l’aide des médias, du système éducatif et des politiques démagogues. La destruction de ces « repères » est devenue l’idéologie dominante (ou plutôt de la classe dominante).
      Quant à la violence qui s’exerce contre la police, les pompiers, les enseignants, elle est le fait de deux types de population
      – l’extrême-gauche traditionnelle (rien de nouveau depuis l’anarchisme de la fin du XIXème siècle) toujours partante pour initier le cycle provocation-répression-protestation-représailles
      – mais surtout le fait des « jeunes » et des « cités sensibles » qui ont commencé par refuser l’école et refusent maintenant la société française, noyautés par l’économie parallèle et l’islamisme, qui s’appuie sur la petite et la grande délinquance et qui mêle revendications économiques imprécises, ethniques, culturelles et religieuses.
      Depuis quelques décennies, les politiques n’ont rien vu venir ou -quand ils voyaient-i ils disaient « après nous le déluge ». Le déluge est là. On nous dit craindre une « guerre civile ». Mensonge! Mensonge pour nous faire croire qu’elle n’a pas commencé. Quand on tue les journalistes de Charlie, quand on s’attaque à un commerce juif (parce qu’il est juif), quand on massacre au Bataclan, quand on égorge un prêtre dans on église, quand on lance un camion sur la foule à Nice, qu’est-ce que c’est sinon des actes de guerre qu’une partie de la population (très peu d’étrangers parmi les assassins) commet contre l’autre partie? Une autre partie qui ne se défend pas à l’image de sa police.
      La police manque de moyens? Sans doute. Mais ce n’est pas avec des combinaisons ignifugées qu’on lutte contre les voyous. Un risque de bavure? Sans doute. Mais les policiers brûlés vifs, n’étaient pas des bavures mais des tentatives de meurtre. Et pendant ce temps, les individus » bien connus des services de police » courent les rues.
      Dans une société qui a gardé sa cohérence, on peut appliquer des règles: en Grande-Bretagne, les policiers n’étaient pas armés jusqu’à une époque récente. Les voyous anglais appliquaient la règle: on ne s’attaque jamais à la police à moins d’accepter de risquer très gros. Maintenant on voit à Londres des policiers portant des pistolets mitrailleurs. Il y avait des adversaires: les malfrats. Il y a maintenant des ennemis: les terroristes. Et, comme chez nous, ces ennemis sont des compatriotes.
      On peut aussi parler de la politique imbécile menée avec les pétromonarchies, on peut parler de l’immigration massive etc etc. Mais ça suffit pour aujourd’hui.
      Ce pays est foutu? Comme le reste de l’Occident. Ils entraîneront le monde dans leur chute.

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