Et à la fin, la note est pour nous

Voilà!  C’est fait. Les Grecs ont répondu « Non » au référendum. Ceux qui pensent que le problème de la dette grecque est résolu peuvent s’attendre à quelques désillusions. De ce point de vue, rien n’a changé. La Grèce est toujours dans le rouge et tout le monde sait bien qu’elle est dans l’incapacité de rembourser ses créanciers, ni maintenant, ni plus tard.
Alors, qu’est-ce qui a changé? Tout.

Avant le referendum, la Grèce ne pouvait pas rembourser toutes ses dettes; même en mettant en œuvre les réformes demandées par le FMI, la BCE et l’Eurogroupe. En cédant aux créanciers, elle se serait peut-être remise à flot et encore c’est loin d’être certain. La seule question était de savoir quelle partie de sa dette serait effacée et quelles aides (de nouveaux prêts, facilités et autres liquidités d’urgence) elle recevrait si la réponse était oui.

Après le referendum, la question n’est plus de savoir si elle peut rembourser et accepter les réformes exigées mais si elle veut le faire. Et la réponse est OXI. Non! Elle ne le veut pas.

Bien sûr, la BCE peut refuser d’alimenter les banques grecques en euros et ainsi sortir la Grèce de la zone euro. Bien sûr aussi, des négociations peuvent reprendre et, in fine, tout le monde peut s’entendre sur une solution de compromis. On verra bien. Mais ce n’est pas le plus important.
Le plus important, c’est qu’on en arrive à devoir accepter l’idée qu’un pays peut, en organisant une consultation « démocratique » comme vient de le faire la Grèce ou de manière autoritaire comme l’ont fait les bolcheviks au début du XXème siècle, refuser de payer ses dettes ou même de procéder à des réformes qui, de l’avis de ses créanciers, pourraient à nouveau le rendre solvable. En Espagne, au Portugal, en Italie et même en France, un référendum organisé sur ces questions aurait de grandes chances, si la démagogie de partis extrémistes fait son œuvre, de recevoir une réponse positive.

Accepter ce principe serait la fin du système financier européen et peut-être mondial .

On peut trouver de nombreux responsables à la crise grecque actuelle: l’aveuglement ou la cupidité des prêteurs, le système fiscal, les comptes grecs trafiqués par Goldman-Sachs, la cavalerie des gouvernements précédents qui ont acheté la paix sociale avec de l’argent étranger, la corruption,  la fraude, l’erreur qui a consisté à faire entrer dans l’euro un pays qui n’en respectait pas les critères etc. Mais c’est le peuple grec qui subit actuellement les conséquences d’erreurs qu’ont commises d’autres que lui et -soyons honnêtes- dont il a su profiter. Et c’est le peuple grec qui, hier, a refusé d’être le seul à payer. Il faudrait peut-être songer à faire aussi payer quelques responsables.

Quelle que soit la solution qu’on trouvera (ou qu’on ne trouvera pas), à la fin ce sont les peuples des autres pays qui devront payer les erreurs et les fautes de leurs gouvernants.

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15 réflexions sur “Et à la fin, la note est pour nous

  1. Dr WO 6 juillet 2015 / 16 h 29 min

    Je n’avais pas lu votre billet avant de faire le mien. Nous sommes sur la même longueur d’ondes.

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    • Pangloss 6 juillet 2015 / 17 h 18 min

      J’ai été heureux de le constater.

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  2. nouratinbis 6 juillet 2015 / 18 h 07 min

    C’est tout de même fort de café que le premier corniaud venu refasse le coup des Bolchéviks et de l’emprunt russe! Il se prend pour Lénine ce rigolo sans cravate?
    Cela dit, de toute façon, entre Hollande qui a la trouille de sa gauche et Merkel qui a horreur du vide, ils vont encore s’arranger sur notre dos.
    Et où que c’est qu’on va l’avoir?
    Bonne soirée.

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    • Pangloss 6 juillet 2015 / 18 h 33 min

      Où? J’en ai une vague idée.
      Bonne soirée.

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  3. ZAZA RAMBETTE 6 juillet 2015 / 18 h 56 min

    Il fallait à s’attendre à ce non et cette situation me fait penser à des négociations commerciales, comme au carreau du temple. Tsipras fait du chantage, mais est-ce la meilleure façon de sortir de l’ornière. Bonne soirée l’ami. ZAZA

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    • Pangloss 6 juillet 2015 / 20 h 10 min

      Comme il n’a plus rien à perdre, il s’en fout. Ceux qui vont perdre, ce sont les créanciers: les contribuables européens.
      Bonne soirée.

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  4. BOUTFIL 6 juillet 2015 / 22 h 29 min

    quel cinéma ! et maintenant attendons la réunion de la dernière chance…ça en fera combien ?

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    • Pangloss 7 juillet 2015 / 5 h 03 min

      Ils devraient toujours attendre les réunions de la dernière chance pour commencer à négocier. On gagnerait du temps. 🙂
      Bonne journée.

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  5. mamedjo 7 juillet 2015 / 19 h 16 min

    quand on prête on doit s’assurer que le client emprunteur est solvable , l’europe est une pousse au crime !quand on pense qu’a cause des quotas européens ils ne peuvent même pas produire des légumes comme l’ail qu’ils doivent importer de chine …qu’ils quittent l’europe et se remette a faire les jardins comme avant , les pois chiches, les tomates les oignons arrosés a l’huile d’olive , ils en remangeront , je pense même que pendant quelque temps manger à sa faim sera un luxe .
    pauvres gens !on peut penser ce qu’on veut des guignols des gouvernements prêteurs ou emprunteurs (ou les deux) mais je compatis .
    enfin pendant qu’on pense aux grecs on ne cause pas de nos problèmes ..

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    • Pangloss 7 juillet 2015 / 19 h 51 min

      Il y a en Europe des pays plus malheureux: les pays baltes et ceux de l’ancienne Europe de l’est par exemple. Les Grecs font parler d’eux parce qu’ils ne remboursent pas leurs dettes et qu’ils font du chantage à l’euro et à l’Europe. On a déjà effacé plusieurs dizaines de milliards de leur dette. Où est donc passé notre pognon?
      Vale!

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    • Skandal 8 juillet 2015 / 12 h 54 min

      On a effacé 107 milliards déjà. Ce sont des entreprises privées qui ont pris le plus gros des pertes (banques, assurances, fonds etc…).

      Sinon je suis relativement d’accord avec Mamedjo. Le FMI, l’UE et la BCE sont des pousse-aux-crimes et la Grèce n’a, de toute façon, rien à faire dans l’euro.

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      • Pangloss 8 juillet 2015 / 18 h 16 min

        Mais hélas! elle a à faire dans l’Otan. C’est sans doute pour ça qu’Obama intervient discrètement auprès de Merkel pour qu’elle assouplisse sa position et fasse tout pour éviter le Grexit.

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