Information, déformation, investigation

J’ai regardé hier une chaîne d’info en continu où l’on parlait du covid, du passe sanitaire et de la vaccination. Un médecin y a exposé de manière très claire tout ce qu’il fallait savoir sur le sujet: le taux d’efficacité des vaccins, leur effet, le covid asymptomatique, ce qu’était le « covid long », l’immunité collective etc. Et il a conclu (on pouvait s’y attendre) à la nécessité de la vaccination.

Bon.

A côté de lui, une journaliste présentée comme la « spécialiste santé » d’un magazine de droite (très à droite) a pris la parole et a commencé son intervention par: « Je ne suis pas médecin mais … ». Elle a repris tous les arguments du médecin en déformant son propos sans que je puisse savoir si elle était de mauvaise foi ou tout simplement bête au point de ne même pas comprendre ce qu’elle venait d’entendre. Elle a conclu par ces mots: « C’est une insulte à l’intelligence ».

Sans commentaire.

A la radio, un des copains de Mélenchon a développé exactement le même genre d’arguments en désignant Macron comme responsable de l’extension de l’épidémie et de la prochaine quatrième vague. Sous-entendu: avec Mélenchon, ça ne se passerait pas comme ça.

Sans commentaire non plus.

A quoi sert d’avoir une droite et une gauche si c’est pour proclamer sans honte les mêmes imbécillités?

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C’est France Inter qui le dit: il paraîtrait que le portable de Macron a été piraté par le Maroc à l’aide d’un logiciel israélien. L’affaire a été découverte par un « consortium de journalistes d’investigation ». On est prié de comprendre que ces journalistes sont indépendants et se sont fixé comme but de révéler ce que les médias officiels s’efforcent de cacher.

Bravo!

Là où on perd quelques unes de ses illusions, c’est quand on nous dit que la cellule d’investigation de Radio-France fait partie de ce consortium.

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Portez-vous bien et soyez heureux … quand même.

Rire funéraire

Devant une nécropole gallo-romaine:

– C’est impressionnant toutes ces tombes. Il faut dire qu’on mourait beaucoup à l’époque.

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J’ai bientôt quatre-vingts ans mais je ne me plains pas: à mon âge, il y en a qui sont morts depuis longtemps.

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PS: J’aurais dû sous-titrer ces lignes « A la manière de Joseph Prud’homme » car certains de mes lecteurs malgré « rire » dans le titre n’ont pas compris que je plaisantais.

Question

Une abstention record! Plus des deux tiers de l’électorat n’a pas franchi le seuil d’un bureau de vote! La classe politico-médiatique s’indigne, se plaint et même -mais rarement- s’interroge.

Peut-être devrait-elle se demander si elle ne porte pas une part de responsabilité.

Les visiteurs

Il y a ceux qui n’aiment pas mon genre d’humour ou qui critiquent mon pessimisme. Mais ce n’est pas grave: à chacun ses goûts et ses opinions.

Il y a ceux que leurs œillères empêchent de comprendre le second degré et ceux qui, les pauvres!, ne comprennent même pas le premier.

Il y a ceux qui voient dans mes propos les plus anodins des allusions voilées et des messages secrets.

Il y a ceux qui me soupçonnent de ne pas partager les opinions que j’émets et de jouer les agents provocateurs au service du pouvoir en place.

Il y a ceux qui voulaient m’embringuer dans une secte fumeuse (ça fait longtemps que je ne reçois plus de messages d’eux).

Il y a, bien sûr, ceux qui veulent m’attirer sur leur site et me vendre leur produits miracles.

Il y a ceux qui m’insultent ou insultent mes visiteurs.

Alors, « vous les arracheurs de dents, vous les cafards, les charlatans, les prophètes« , oubliez-moi!

PS: Formule piquée à Brassens.

Pan dans la Drôme!

En visite dans la Drôme pour sa pré-campagne électorale, Macron a reçu une gifle. Vous me direz que quand on va « à la rencontre des Français », c’est quelque chose qui vous pend au nez. Je vous répondrai que ce n’est pas une excuse même si, à première vue, cela ressemble à une explication. Où irions-nous si tous ceux qui ont une tête à claques s’en prenaient une de la part du premier imbécile venu?

Pourtant tout était prévu. La « foule » autorisée à acclamer le président et à lui serrer la pince avait été contrôlée par la sécurité et chacun des participants avait été fouillé. De plus, des policiers étaient mêlés aux participants. L’assaillant n’avait donc pas d’arme sur lui. Mais il avait une main. Faudra-t-il donc, la prochaine fois, ne sélectionner que des manchots ayant le bras qu’il leur reste dans le plâtre?

Le coupable de cette agression n’était pas connu des services, nous dit-on. Mais on nous dit aussi qu’il était « proche de la mouvance royaliste » et avait participé au mouvement des gilets jaunes. Y aurait-il d’autres services plus confidentiels qui ne communiquent pas leurs renseignements aux services officiels? Du genre de ceux qui explorent les réseaux sociaux à la recherche de gens qui « pour protéger leur vie privée » acceptent les cookies? Que de questions!

Il n’en demeure pas moins que le geste du gifleur est une connerie. C’est inutile, c’est grotesque et ne fait en aucune manière avancer le schmilblick, même pas le sien.

Mais surtout, et je rejoins les politiciens qui se sont exprimés, c’est totalement inadmissible. 

Il y a un côté ancien régime dans la comédie du bain de foule. Le geste d’un président qui va toucher les mains qui se tendent vers lui ressemble à celui des rois qui touchaient les écrouelles. Il aurait dû être content, le royaliste. A moins qu’il n’ait vu dans cette cérémonie mascarade une parodie sacrilège. Qui sait?

En tout cas, le président de la République, quelle que soit l’opinion que l’on a du bonhomme, incarne la France et s’attaquer à lui s’apparente à un crime de lèse-majesté.
Les rois, on peut leur couper la tête mais on ne les gifle pas.

Une occasion perdue

L’affaire du type qui a tiré sur son patron et sur un de ses collègues et que les forces de l’ordre ont mis quelques jours à appréhender a fait causer les médias boboïsants. Ils ont insisté sur le fait qu’il s’agissait « d’un ancien militaire », qu’il était « lourdement armé » et qu’il « pratiquait le tir sportif ».

Passons sur les clichés journalistiques habituels « lourdement armé » et « ancien militaire » et ce qu’ils veulent suggérer mais on note que le tir sportif a fait réagir Darmanin, notre bien-aimé ministre de l’Intérieur. Il s’est indigné qu’on puisse légalement détenir des « armes de guerre ».

N’en déplaise à Gérald, en l’espèce, il ne s’agissait pas d’armes de guerre. Il y a des armes autorisées et des armes interdites. Point barre. Je précise que la législation française est extrêmement précise et restrictive dans ce domaine. Vous tapez « catégories d’armes » sur internet et le service public vous donne tous les détails à ce sujet. 

Si on possède une licence de tir (acceptation par l’association, instruction en particulier aux mesures de sécurité sous le contrôle d’un moniteur, cotisation, contrôle d’identité, certificat médical, extrait de casier judiciaire) depuis plus de six mois (période au cours de laquelle on tire avec des armes prêtées ou louées par le club et on est toujours contrôlé sous la responsabilité du président de l’association), après un petit examen (QCM destiné à vérifier les connaissances de base), on reçoit le « papier vert » qui vous donne le droit de demander une autorisation au préfet de son département (re-contrôle, vérification du casier, de la licence de tir, preuve que l’on dispose d’un coffre-fort destiné à stocker l’arme, enquête de gendarmerie). Cette autorisation peut être accordée dans un délai variable (entre trois et six mois, parfois plus). On a alors le droit d’acquérir une arme pour pratiquer le tir sportif dans un stand de tir sous la surveillance d’un responsable. Cette arme est enregistrée dans un fichier central informatisé détenu par le Service des armes du ministère de l’intérieur. Enfin, l’arme peut vous être retirée sur simple décision du préfet. Encore une fois, il ne s’agit pas d’une arme de guerre.

Les armes de guerre, ce sont par exemple les Kalachnikov qui mettent de l’animation dans nos quartiers si sensibles ou les lance-roquettes prisés des braqueurs de transports de fonds. Pour elles, pas d’autorisation!

Tant il est vrai que quand on met les armes hors-la-loi, seuls les hors la loi ont des armes.

Darmanin a perdu une bonne occasion de se taire. Pourquoi n’a-t-il pas passé un coup de fil au services des armes de son ministère? Ça lui aurait évité de dire des bêtises.

Mauvaise recette, mauvais gâteau

C’est la routine: un repris de Justice schizophrène et connu pour être radicalisé, tout juste sorti de prison a attaqué au couteau une policière municipale et deux gendarmes, a pris une femme en otage avant d’être abattu par les forces de l’ordre. Ce n’est ni le premier, ni le dernier.

Ce qui est nouveau, c’est que cette fois-ci le système a bien fonctionné. C’est ce qu’a voulu préciser notre bien-aimé ministre de la Justice. L’homme avait purgé sa peine, a-t-il dit, et n’avait pas bénéficié d’une réduction. Il était suivi par les services compétents après sa libération et s’était rendu à tous les rendez-vous. Il n’y a pas eu de faute de l’Etat.

On doit donc en déduire que ce n’est la faute de personne et que si faute il y a eu, c’est celle de la policière, de l’otage et des deux gendarmes puisque, schizophrène, l’alakbar était irresponsable.

Mais on peut se dire aussi (si on a vraiment mauvais esprit) que si l’application stricte d’une procédure aboutit à un tel résultat, il se pourrait que la procédure soit inadaptée et que ceux qui l’ont élaborée soient un peu responsables (mais pas coupables!) de ce dramatique gâchis.

English spoken

C discount vend des trucs et des machins sur internet. Une sorte d’Amazon à la française, quoi.

A la française? Pas trop quand même. D’abord le nom ne fait pas trop français. Vous me direz que quand ils l’ont choisi, ils devaient penser que ça faisait plus chic que C moins cher. Mais bon, passons. Ils sont français, bien français, bien d’chez nous et fiers de l’être. Leur réclame à la radio le prouve: pour inciter les clients à venir leur porter leur pognon, ils lancent l’opération « French days » et le « made in France« .

Voilà, c’est tout. Mais c’est déjà trop. Ce pays est foutu si ses habitants ont honte de leur langue maternelle.