Mauvaises humeurs

D’abord, encore une fois, je ne peux plus commenter sur la plupart des sites « blogspot ». Mes commentaires disparaissent dans des trous de la toile. C’est agaçant. En prime, j’ai toutes les difficultés à insérer des photos ou des liens et à me battre contre le correcteur automatique qui m’impose ses mots à lui.

Mais il y a plus énervant. Tiens! Macron, par exemple. Eh bien, Macron m’énerve. Il est allé commémorer la libération de Bormes-les-mimosas. Sans minimiser l’agrément de cette charmante localité, il faut admettre que sa libération n’est pas un des épisodes les plus importants de la seconde guerre mondiale. Vous me direz que ce n’était pas loin de son lieu de villégiature mais quand même! C’est peut-être un prétexte mais ce n’est pas une excuse. A quand la libération de Vazy-en-Berouette, joli port de mer proche du Touquet et cher à Jacques Etienne? A cette occasion, il a cru bon (à tort), de déclarer que les Français devaient se réconcilier. Formule que les media, tous plus indépendants les uns que les autres, ont reprise religieusement

A ce niveau, ce n’est même plus de la langue de bois, ni même de plaqué, à peine d’isorel mélaminé. Et bien sûr, ça ne veut rien dire. Ça se veut profond. Ce n’est que creux. Avec qui doivent se réconcilier les Français? Avec d’autres Français, sous-entend notre président. Mais qui? Des noms! Si c’est de Castaner ou de Griveaux (entre autres nuisibles dans une fort longue liste) qu’il s’agit, je refuse.

Un autre truc qui me fait ricaner amèrement, c’est le G7. On va réunir à Biarritz les représentants des sept pays les plus … Les plus quoi? Les plus riches? Les plus puissants? Les plus gentils? Parmi les « plus » quelque chose, il me semble que la Chine ne déparerait pas et qu’on pourrait y inviter la Russie sans que sa présence étonne quiconque. Mais ne soyons pas naïfs, il ne s’agit que des pays les plus occidentaux, copains des USA. Donc, ces gens vont tenir une conférence internationale et décider de ce qu’ils pourront bien faire pour dicter leur loi au reste du monde, pour son bien évidemment.

Quand on voit ce que le monde est en train de devenir à cause d’eux, on peut avoir quelque appréhension en ce qui concerne l’avenir de la planète et de l’humanité qui y grouille.

Seule bonne nouvelle: on parle de rentrée, les vacanciers vont bientôt rentrer chez eux. Leur terrain de jeux va redevenir mon pays.

Epstein? Connais pas!

On doit s’inquiéter dans le grand monde international. Ceux qui ont fait appel à Epstein ou qui ont bénéficié de ses services doivent attendre avec angoisse les révélations quotidiennes de la presse à scandales et leurs avocats, priés d’interrompre leurs vacances, doivent déjà rédiger des démentis.

J’imagine les questions que certains se posent: « Mon numéro de téléphone traîne-t-il quelque part? Dans un carnet, un ordinateur, un téléphone? Quelqu’un a-t-il pris des photos (putains de smart-phones!)? Epstein tenait-il des fichiers? Qui était au courant? Y a-t-il eu des témoins? Quid des domestiques, des chauffeurs, des pilotes? Que sont devenues les filles? Etc etc etc.« .

Connaîtra-t-on un jour toute la vérité? Si ça remonte trop haut, qui sera protégé par la raison d’Etat? Jusqu’où réussira-t-on à étouffer l’affaire? Entendra-t-on des excuses du genre « Je ne savais pas qu’elle avait quatorze ans » ou « Elle était consentante »? Quelles pressions seront exercées? Quelles sommes seront payées en échange d’un engagement de confidentialité (dans ce milieu, on ne parle pas de chantage) ou de révélations croustillantes dans la presse britannique?

Cela me rappelle l’affaire dite « des ballets roses » qui a entraîné en France à la fin des années cinquante, la condamnation indulgente d’une vingtaine de personne du « Tout Pourri » comme l’a écrit Le Canard enchaîné et notamment celle d’André Le Troquer, président de l’Assemblée Nationale à une peine de prison avec sursis et une amende. Malgré des rumeurs insistantes de faits encore plus graves, l’affaire s’est arrêtée là.

Et puisque je parle de la France, ne trouvez-vous pas, que l’on y traîne un peu les pieds? La sèche réaction de la ministre de la Justice en réponse à Marlène Schiappa qui demandait l’ouverture d’une enquête me surprend. Il aurait été si facile de la satisfaire quitte à modérer le zèle des enquêteurs. Il semble qu’il soit urgent d’attendre.

Pour terminer ce billet sur une note plus légère, je remarque que Jack Lang, notre spécialiste en nécrologies télévisuelles des célébrités n’a rien dit sur la mort d’Epstein. On en pense ce qu’on veut.

Où est l’ancienne?

Il fait très chaud en Nouvelle Aquitaine si j’en crois les bulletins météo de la radio d’Etat (les autres stations en sont encore à parler des anciennes régions quand ce n’est pas des anciennes provinces).

En entendant ça, je me suis posé la question qui fait le titre de ce billet. Je conçois bien que dans ce nouveau monde dans lequel le progrès distribue ses bienfaits (où exerce ses ravages, ça dépend des goûts), l’ancienne Aquitaine n’avait plus sa place. La mode en était passée, le design était obsolète sans parler du coût de l’entretien et de la difficulté à trouver des pièces d’origine. Et il y a bien longtemps que l’ancienne propriétaire, une certaine Madame Aliénor, avait quitté cette vallée de larmes.

Mais où l’a-t-on mise? Est-elle fermée comme une friche industrielle? A-t-elle été transformée en site d’enfouissement des déchets nucléaires couvert par le secret défense? A-t-elle été abandonnée comme une vieille gare SNCF devant laquelle plus aucun train ne passe? Est-elle stockée dans la naphtaline comme un président de la République du siècle dernier?

A-t-elle entièrement disparu avec ses habitants vêtus de velours côtelé pour laisser la place aux auto-entrepreneurs de la start-up nation?

Non! On a pu en sauver quelques morceaux, rachetés à un Etat ingrat et à des technocrates incultes par des particuliers amoureux du patrimoine ou repris par le comité des fêtes de communes touristiques accueillant des citadins avides d’authentique terroir ancestral et traditionnel. Pour eux, aux grandes occasions, des Aquitains de pacotille mettent le béret de leurs grands-parents et roulent consciencieusement les « R » sous leurs moustaches postiches.

Voilà enfin résolue l’énigme posée par ces deux vers de la Ballade des Dames du temps jadis sur lesquels d’éminents spécialistes de François Villon se sont cassé les dents: « Dites-moi où n’en quel pays / On a mis l’ancienne Aquitaine ».

Soyez heureux et portez-vous bien!

Inconnu mais pas nouveau

Certes, les rhinocéros disparaissent, les orang-outans cèdent la place aux palmiers à huile, les alouettes vont bientôt se compter sur les doigts de la main et la dernière fois que j’ai vu un bouvreuil pivoine, c’était il y a dix ans.

Mais selon les adversaires des théories catastrophistes, ceux qui nient le réchauffement, ceux qui n’observent la fonte des glaces que dans leur pastis, ceux qui traduisent les canicules par « on va pas se plaindre qu’il fasse beau » et la sécheresse par « c’est quand même mieux que la pluie quand on part en vacances », l’extinction des espèces est, comme tout le discours des écolos, une vaste fumisterie.

La preuve: on découvre tous les jours de nouvelles espèces animales et végétales.

Dans le même ordre d’idées on a: « Si vous continuez à manger des chocolats, la boîte sera bientôt vide. Il y en a de moins en moins. – Mais non! Je viens de soulever le papier du fond et j’en ai découvert une nouvelle couche ».

N’avouez jamais!

Le procureur de la République de Nice aurait dû se souvenir du précepte que connaît tout truand qui se respecte: refuser d’admettre une quelconque culpabilité même placé devant l’évidence. Et devinez ce qu’il a fait? Il a avoué!

Pourtant, ça avait bien commencé. Il avait commencé par nier toute responsabilité des forces de l’ordre dans l’affaire Geneviève Legay, cette vieille dame un peu fofolle brutalement bousculée et jeté à terre par un policier.

Et ça avait bien continué. Face aux protestations (souvenez-vous, on était à l’époque des gilets jaunes, comme c’est loin tout ça!), il avait confié l’enquête à la concubine du présumé responsable. Enquête qui avait conclu comme par hasard à l’innocence du type en question.

Pendant ce temps, Macron avait laissé entendre que la police n’avait fait que son devoir et que la responsabilité, si responsabilité il y avait, ne pesait que sur la vieille dame (« quand on est fragile, on ne va pas manifester »).

Le proc savait bien que, quand le président dit quelque chose, même un gros mensonge, il faut dire comme lui. Et donc, comme c’était son devoir, il a menti et exonéré la police de toute culpabilité.

Les choses auraient pu en rester là et le bonhomme aurait pu jusqu’à sa retraite, profiter de la vue sur la mer et du climat clément de la Côte d’Azur.

Las! Cet imbécile a avoué qu’il avait menti et, plus grave encore, menti pour protéger le mensonge de Macron.

Il sera donc muté à Lyon et placé sous l’autorité d’un autre procureur. Non pas tant pour avoir menti (je le répète, c’était son boulot) mais pour avoir avoué qu’il couvrait le mensonge du président. Et ça, c’est la grosse boulette. On peut penser que le président ment mais on n’a pas le droit de le dire.

Donc, c’est bien fait pour lui.

Billet très pessimiste

La petite Greta, avouons-le, n’est pas très jolie. Je sais, il ne faut pas se moquer des handicapés. A condition, ajouté-je qu’ils ne fassent pas le voyage pour venir me pomper l’air chez moi. Si on l’en croit et si ceux dont elle se réclame ont raison, quoi qu’elle dise et prêche en adjurant les grands de ce monde de se bouger un peu, il est trop tard, quoi qu’on fasse nous sommes foutus.

Il vaut mieux être climatolo-sceptique, la position est plus confortable. Certes, le scepticisme n’empêche pas les glaciers de fondre et les canicules, tout en restant exceptionnelles avec régularité, de devenir de plus en plus fréquentes mais -et c’est le plus important- on peut sans remord continuer de rouler en bagnole, voler en avion, manger des nourritures exotiques en toutes saisons et faire exploser le marché des climatiseurs.

Réchauffement ou non, il reste un autre gros, très gros problème: comment nourrir les dix milliards d’être humains qui peupleront la planète dans tente ans.

C’est pour répondre à cette question que des experts se sont réunis dernièrement à Lausanne. D’après eux, c’est possible à condition (car il y a des conditions) de faire des efforts. Et quels efforts! Une réorganisation de l’économie mondiale, la constitution de réserves de céréales gigantesques pour prévoir les disettes, une utilisation systématique des OGM, une augmentation des surfaces cultivées, une forte amélioration des rendements, une modification profonde des habitudes alimentaires et des circuits d’approvisionnement etc. Et surtout une sincère coopération internationale.

Et pas dans trente ans! Il faudrait commencer tout de suite.

Inutile de dire que l’on franchit en chantant joyeusement les frontières de l’impossible.

Le problème n’est donc pas la quantité de nourriture et sa répartition mais le trop grand nombre d’êtres humains.

Il y a certainement des gens qui pensent que nécessité fait loi et que ça finira par s’arranger avec un peu de bonne volonté. Il y en a certainement d’autres qui se préparent aux guerres inévitables. Et je me demande s’il n’y a pas, dans des laboratoires secrets, des gens qui préparent des armes biologiques qui ne s’attaqueraient qu’à une certaine catégorie de la population mondiale.

J’imagine, je spécule, je crains sans espérer.

Mais dans trente ans, je serai mort depuis longtemps.