Combien de divisions?

C’est la question que, paraît-il Staline posait à propos du Vatican.

C’est celle qu’on se doit de poser depuis que les partis politiques, au lieu d’envoyer  comme avant leur patron se présenter à la présidentielle, ont cédé à la mode amerloque et organisé des primaires. Un truc qui leur permet de faire campagne sans faire campagne, c’est à dire d’envahir les médias sans que leur temps de parole soit décompté par le CSA dans la campagne officielle qui ne commencera que bien plus tard.

Voilà qui fait l’affaire des journalistes qui risquent moins leur peau en rendant compte des meetings des uns et des autres  (surtout ceux des uns car les autres n’ont aucune chance), et en recopiant pieusement les petites phrases qu’on leur dicte qu’en allant dans les cités sensibles mesurer la montée de l’islamisme radical et les progrès du trafic de drogue.

Et cette fois-ci, il y a de la matière. Le nombre de candidats aux primaires augmente de jour en jour comme l’a fait le chômage sous Hollande, à tel point qu’on se demande si certains candidats ne sont pas plus connus à Pôle Emploi que dans leur propre parti.

Et tous se posent en rassembleurs tout en accusant leurs concurrents d’être des diviseurs. On constate que plus il y a de rassemblements, plus il y a de divisions, le nombre des secondes augmentant à proportion de celui des premiers.

A part les groupies de tel ou tel candidat, les Français sont au mieux indifférents, au pire rigolards. Voir des gens qui n’ont aucune chance se disputer l’investiture de leur parti comme ces quatre candidats Verts, ou voir Juppé et Sarko battre les estrades comme les clowns pendant la parade du cirque qui a monté son chapiteau « dans votre ville », me donne tous les jours l’occasion de ricaner. Et je n’oublie pas les joyeux compagnons de Pépère qui, non contents de se déchirer ne manquent pas une occasion de critiquer le président qu’ils ont fait élire. Je n’oublie pas non plus le FN dont la candidate, sauf accident, figurera au second tour mais devra s’incliner devant n’importe lequel des autres candidats à la candidature.

Si c’est ça la démocratie, on comprend pourquoi les abstentionnistes constituent le premier parti de France.

Résultat des courses

Avec l’arrêt du Conseil d’Etat, on peut faire le bilan de l’affaire du burkini. Tout ce qui viendra après ne sera qu’épiphénomène, parlottes diverses, discours de candidats aux primaires et débats télévisés.

Disons d’abord que ce qui s’est passé à Sisco n’est pas une affaire de burkini mais, comme a conclu le procureur de Bastia, une histoire de caïdat dans laquelle des musulmans voulaient s’assurer la jouissance exclusive d’une plage en utilisant la provocation, la menace puis la violence et en se retranchant derrière l’accusation d’islamophobie.

Ailleurs, on s’est offusqué de la présence de burkinis sur certaines plages et, en avançant le motif de trouble à l’ordre public, interdit le port de ce vêtement.

D’abord, je pose deux questions:

– Pourquoi donc ceux qui supportent en ville le spectacle de femmes couvertes de la tête aux pieds protestent-ils contre le port de tenues équivalentes sur les plages? Serait-ce, comme je l’ai suggéré presque sérieusement dans un billet récent, que, pendant leur mois de vacances, ils veulent oublier tous les tracas qu’ils subissent pendant les onze autres mois, y compris la présence d’une communauté musulmane qui revendique trop ostensiblement sa différence?

– Ces femmes qui, cette année revendiquent le droit au burkini prétendument « par pudeur » comme je l’ai entendu à « C dans l’air », étaient-elles, l’an dernier, des dévergondées exhibitionnistes?

Maintenant que le Conseil d’Etat a tranché, on peut compter les points. C’est simple: Islamisme 1 – France 0.

Le burkini est autorisé. Ou plutôt, il est interdit de l’interdire.
On en déduit que le critiquer, s’en moquer, protester, pourra vous faire accuser d’islamophobie et -allons-y!- de racisme.

La Loi a tranché contre la Coutume. Ou plutôt la démocratie française laïque a reculé devant une loi étrangère qui s’affirme religieuse. Une nouvelle étape a été franchie en faveur des islamistes.

Quelle sera la prochaine? Car, soyez en certains, il y aura une prochaine étape et une nouvelle reculade.

Indemnisons les coupables!

Les Marocains poursuivis dans l’affaire de la plage de Sisco ont récusé leurs premiers défenseurs commis d’office. Leur cas a sans doute été estimé assez intéressant pour que des avocats du barreau de Seine-Saint-Denis et de Paris « volent au secours des prévenus » comme le dit Corse-Matin qui fait remarquer que leur cabinet se trouve à mille kilomètres du tribunal où leurs clients seront jugés. On peut donc s’interroger sur ce qui les a décidés et d’où viendra l’argent qui va payer les frais (ne serait-ce que les billets d’avion de ces trois avocats).

L’un d’eux a déjà fait très fort. Oubliant le début de l’histoire, il ne voit que la fin qui aurait pu tourner au drame: « si les gendarmes n’étaient pas intervenus, on aurait assisté au lynchage d’une famille. Les villageois avaient envie d’en découdre« .

Des « villageois » contre une « famille« . On imagine le tableau. Pourquoi pas « des brutes villageoises corses donc sans doute racistes » contre « une paisible famille marocaine (sous-entendu et ses mignons petits n’enfants) qui ne cherchait que la tranquillité en se réservant une plage ».

D’ici à ce que les prévenus qui -implicitement- se posent en victimes, demandent à être indemnisés, il n’y a pas loin.

Il en sort de partout!

Les Jeuzo ne sont pas encore terminés que, comme des cafards de sous les plinthes quand on allume à deux heures du matin la lumière des chiottes dans un hôtel new-yorkais, les candidats aux primaires se poussent devant les journalistes avides de remplir leurs papiers en cette fin de mois d’août où ils n’ont à se mettre sous la dent que la prime de rentrée scolaire.

Et ce n’est qu’un début. On peut s’attendre à du spectacle pendant les mois qui viennent.. Les hommes et les femmes providentiels (y a pas d’raison que les hommes soient les seuls à se ridiculiser) vont nous aimer, vont nous le dire, vont vouloir notre bien, vont nous promettre tout ce qu’ils nous ont refusé quand ils étaient au pouvoir (cherchez bien, ils ont tous fait partie d’une des majorités qui se sont succédées depuis lulure). Et aucun ne rougira de honte. Au contraire! Ils plastronneront, feront les beaux, les sincères, les malins, nous serviront de mauvaises improvisations soigneusement répétées avec leurs coaches et nous prendront comme d’habitude pour des imbéciles en espérant rafler assez de voix pour négocier leur ralliement au prochain président contre un portefeuille de ministre ou un poste d’ambassadeur.

En piste, les clowns! Les Jeux Olympiques libèrent la télé.

Partout ailleurs mais pas Allah plage!

Edwy Plenel juge que le burkini est un vêtement comme un autre. Comme un autre vêtement islamiste aurait-il dû ajouter.

Mais on peut le comprendre. En fait, il a raison Edwy. Car, quand on accepte le hijab ou l’abaya dans nos rues pourquoi pas le burkini sur nos plages?

A mon avis, tout simplement parce que hijab et abaya font partie du quotidien onze mois par an, au même titre que le boulot-dodo, parce que, bien obligé, on les tolère dans sa ville ou sa banlieue de peur d’être accusé d’islamophobie ou même d’être agressé.

Mais, pendant ses vacances, le Français aimerait bien être aussi en vacances d’islamisme et oublier un peu, pendant ses congés payés, son patron, ses collègues, son métro ou ses embouteillages, ses voisins et pour finir l’Islam, ses pompes et ses oeuvres.

Promis, dès la rentrée de septembre, il ne dira plus rien, il ne jettera même pas un regard sur les femmes musulmanes qui afficheront leurs sympathies intégristes. Il sera bien sage et, hypocritement, un ardent partisan du vivrensemble.