Charabia générique

Je suis allé ce matin à la pharmacie chercher les pilules qui, d’après mon médecin, prolongeront mon existence assez longtemps pour creuser un peu plus le trou de la sécu et donc justifier la prochaine augmentation de ma CSG.
Mais là n’est pas le propos de ce modeste billet.

J’étais donc à la pharmacie et j’y ai vu, collée, sur le comptoir, une affichette plastifiée vantant l’assortiment de médicaments vendus sans ordonnance fabriqués par un laboratoire spécialisé dans les génériques. On y voyait des boîtes de différentes couleurs dessinées dans le style naïf sur lesquelles on pouvait déchiffrer ces deux mots: symptôme et médicament.

Argument de vente écrit en gros: ces boîtes ont des couleurs impactantes.

C’est ballot, moi j’trouve, de se priver de la clientèle des daltoniens et a fortiori des aveugles.

Voilà, c’est tout. Mais c’est déjà pas mal.

Pas un geste!

Comme des mouches vertes sur un cadavre ou plutôt comme des vautours survolant, dans les Pyrénées, un mouton agonisant, des architectes désintéressés sinon par la publicité se bousculent pour venir au secours de Notre-Dame de Paris. Des idées plus ou moins saugrenues « modernes » ou « adaptées à notre XXIème siècle » sont répercutées par les médias. Ça fait causer et ça fait naître une polémique stérile.

Tous ces gens essaient de nous vendre leur « geste architectural » (traduction: « m’as-tu vu avoir des idées novatrices propres à choquer le bourgeois et à séduire l’autre imbécile qui veut que les travaux soient terminés dans cinq ans pour les Jeux Olympiques? ».

Ils oublient que Notre-Dame est un monument d’art sacré et que ceux qui l’ont bâtie croyaient à la vie éternelle. Ils avaient donc le temps devant eux. On devrait s’en souvenir avant de faire des gestes architecturaux.

L’architecte idéal, celui qui serait le plus capable de comprendre ce que représente la cathédrale et de superviser les travaux de restauration, devrait être un catholique pratiquant, sinon intégriste du moins ayant appris son catéchisme bien avant Vatican II. Il faudrait ensuite qu’il ait les capacités requises. J’en demande peut-être trop.

A propos de gestes, les gestes généreux de Pinault, Arnaud, Bettencourt, Total et autres donateurs ont été critiqués par les jaloux. Certes, cela fera des réductions d’impôts et c’est de l’argent qui ne rentrera pas dans les caisses de l’Etat. Mais cet argent, s’il était resté là où il est (la plupart du temps dans des fondations et non dans la poche des donateurs), aurait-il abouti dans les mains du fisc?

La générosité sans doute un peu intéressée des donateurs (générosité encouragée par la législation fiscale) se retourne contre eux. Puisque c’est comme ça, me dirais-je si j’étais à leur place, je la remets dans ma culotte je garde mon pognon et j’achète quelques nouvelles œuvres d’art (exonérées de l’ISF), je change mon yacht pour un plus gros sous pavillon de complaisance, j’investis dans une nouvelle usine dans un pays qui sera bien content de voir arriver mon argent et je m’y construis un palais. Na!

Mais je n’ai pas cent millions, ni dix, ni un. Et je verserais peut-être un sou pour restaurer Notre-Dame, si on me demandait d’abord mon avis et si le projet retenu me satisfaisait. Ce qui n’est pas certain.

UNE cathédrale ou LA cathédrale? Camélia rose

On s’interroge sur la reconstruction de Notre-Dame de Paris. Doit-on la rebâtir à l’identique ou en faire une cathédrale pour le XXIème siècle?

La vraie question est celle-ci: veut-on UNE cathédrale pour que les catholiques disposent d’un bâtiment pour leur culte? A ce moment, ils prennent en charge sa construction (en respectant la réglementation qui s’impose sur le site classé qu’est l’île de la Cité).

On a bien construit une cathédrale à Evry!

La cathédrale de la Résurrection en 2010.

Ou bien ce que les Parisiens, les Français et le reste du monde (et pas seulement les catholiques) veulent retrouver, c’est Notre-Dame telle qu’elle était avant l’incendie et ce n’est plus UNE cathédrale qu’il faut construire mais LA cathédrale qu’il faut rebâtir. Et à l’identique. Et c’est l’affaire de tous, croyants ou non.

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Je ne fais pas que semer, je bouture aussi: voici un camélia rose. Il semble que seul celui-ci ait pris sur les trois essais que j’ai faits. Une petite pousse vert clair est apparue. Mais ce n’est pas encore gagné. On verra dans quelques semaines.

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Allez, portez-vous bien et soyez heureux!

Incendie et ISF

Il a fallu que Notre-Dame de Paris brûle pour que l’Occident se rende compte que si son cerveau était devenu athée et que son cœur bouffait du curé, son squelette était chrétien. C’est pourquoi il s’étonne d’avoir mal dans la moelle de ses os.

Je n’en rajouterai pas sur les commentaires mais je me permettrai une remarque: les familles Pinault, Arnaud et Bettencourt ont, à elles trois, donné un demi-milliard d’euros.

L’incendie d’une cathédrale rapporte plus que l’ISF.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit et ne jouez pas avec les allumettes.

Je sème un peu, beaucoup, passionnément … des agrumes

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Les pépins d’orange, de citron, de mandarine etc peuvent être semés et donner de nouveaux arbres. Dans 95% des cas, m’a-t-on dit, on obtient un arbre identique à celui qui vous a donné le fruit. Dans les autres 5%, les insectes pollinisateurs ont peut-être apporté le pollen d’un autre agrume des environs. C’est la surprise (bonne ou mauvaise).

A partir de ce semis, je devrais obtenir des citrons roses à l’intérieur. Tant qu’à faire, autant viser des variétés rares!

Une fois que la tige est lignifiée, on plante ça dans un pot plus grand à l’abri et, au bout de deux ans, en pleine terre (ou dans un grand pot rentré l’hiver). Et on attend les fruits pour savoir ce que l’on obtient.

Mes semis d’il y a trois ans ont une quarantaine de centimètres et ont été placés dans le jardin. On verra le résultat l’année prochaine ou la suivante.

La Nature exige de la patience. Y compris pour voir germer les pépins: il faut quelquefois quelques semaines.

Report (fake new)

Devant la levée de boucliers que rencontre le projet de privatisation d’Aéroport de Paris et de la Française des Jeux, la privatisation de la RATP et du boulevard périphérique de Paris sera reportée à une date ultérieure.

Où est-il passé?

Le premier ministre a tiré les conclusions du grand débat: il a découvert que les Français pensent qu’ils paient trop d’impôts. Il habitait où le bel Edouard? Il lui a fallu payer plus de douze millions d’euros (avec nos impôts, ce qui est cocasse quand on y pense) pour arriver à cette conclusion évidente.

Je la sentais venir, celle-là. Déjà, quand Macron avait défini les thèmes et qu’il nous mettait face au choix impôts OU services publics, j’avais comme un doute. Surtout quand il avait affirmé qu’il ne changerait pas de cap.

Donc, on ne va rien changer. Il y aura un peu moins d’impôts (un peu seulement, ne rêvez pas) sans doute compensés par des taxes et beaucoup moins de services publics. On continuera donc à fermer des maternités, des bureaux de poste, des écoles et des gares. Les hôpitaux crieront misère (évitez d’y être amené en urgence et je sais de quoi je parle) et les infirmières seront toujours citées quand on parlera de réduire le nombre de ronds-de-cuir.

Bien sûr on pourrait faire de vraies économies Mais ça, il n’en est pas question. Pas question de réduire le nombre de privilèges et de sinécures dont notre République est si généreuse. Pas question de supprimer les centaines de comités Théodule qui abritent des politiciens en réserve de la République ou en pré-retraite dorée. Pas question de rogner les subventions à d’obscures associations faux-nez de tel ou tel parti. Pas question de se pencher sur les retraites confortables d’anciens présidents ou d’ex-ministres ni sur les avantages en nature dont ils bénéficient. Pas question de discuter des primes, des voitures avec chauffeur, des voyages d’étude et de tout le reste.

J’arrête ici la liste qui finirait par lasser; je vous laisse la compléter. Mais un bon coup de balai dans cet assortiment de fromages, s’il ne permettrait pas de combler le déficit de l’Etat aurait au moins le mérite de faire savoir aux gilets jaunes que, si la justice (même fiscale) n’est pas de ce monde, on peut au moins tendre vers l’équité et que les donneurs de leçon acceptent enfin de prêcher par l’exemple.

Je rappelle qu’un des fondements de la démocratie, c’est le consentement à l’impôt et son corollaire le droit de regard sur l’usage des fonds collectés. Qui peut soutenir que c’est le cas en France? Comment -je ne prends que cet exemple- qu’au nom d’une prétendue pluralité de l’information chaque citoyen subventionne la presse (même et surtout ceux qui, pour une raison ou une autre, ne lisent ni journaux ni revues) au bénéfice exclusif de ceux qui lisent et de ceux qui les fabriquent?

Et pourquoi ne parle-t-on pas dans ce grand débat de la vague migratoire et de sa conséquence: l’islamisation du pays? Comme j’ai eu l’honneur de vous le dire dans un précédent billet, « La question ne sera pas posée ». Pourquoi ne nous dit-on pas combien coûtent les centaines de milliers de demandeurs d’asile annuels? Et combien nous payons pour acheter la paix sociale (et religieuse) dans nos banlieues si difficiles?

Payer des impôts est une nécessité mais le contribuable se sent lésé quand il a l’impression qu’il n’en a pas pour son argent.

Quoi qu’il en soit, le problème est mal posé quand on dit « trop d’impôts ». On nous « rabâche les oreilles » (celle-là je l’ai entendue ce matin à la radio dans la bouche d’un journaliste payé au mois pour -au moins- parler français) avec notre record mondial de prélèvements.

Champions des prélèvements, nous devrions être les champions de la société providence. Alors, dans un pays où plus de quatorze pour cent des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté, la vraie question, c’est « Mais où donc passe le pognon? ».