Curiosité

Souvenez-vous! Quand l’épidémie ne touchait que la Chine, que les autorités confinaient une province entière et que les entreprises étaient à l’arrêt, des économistes se répandaient dans les média pour nous dire que l’économie mondiale allait être impactée et on nous annonçais que la croissance mondiale donc la nôtre allait perdre quelques points de croissance. L’avenir risquait de ne pas être rose. Mais heureusement, le coronavirus ne touchait alors que la Chine.

Maintenant que l’épidémie affecte le monde entier, que le système économique mondial est ébranlé, que le chômage grimpe dans de nombreux pays, que certaines entreprises  vont disparaître dans tous les domaines, incapables de faire face à plusieurs semaines de fermeture, qu’on peut s’inquiéter de risques de récession, d’inflation et de pénurie dans  des biens de première nécessité, que va-t-il se passer?

Certes, l’argent coule à flots mais on va vite s’apercevoir que l’argent ne trait pas les vaches, n’emmène pas le lait à la laiterie, ne fabrique pas les yaourts, ne sème ni ne récolte, ne fait pas rouler les camions, n’assure pas le fonctionnement des centrales électriques etc.

Par quel nombre faudra-t-il multiplier les prévisions pessimistes des premiers jours quand le virus ne touchait que Wuhan?

Mais peut-être constatera-t-on qu’on fera avec, qu’on se débrouillera, que l’improvisation intelligente remplacera avantageusement les organisations trop pesantes.

Avouez qu’il y a de quoi entretenir sa curiosité quand à l’avenir, qu’il soit proche ou lointain.

Portez-vous bien!

Difficultés d’audition

Edouard Philippe a été auditionné par une commission d’information de l’Assemblée Nationale sur la gestion de la crise du coronavirus.
J’espérais apprendre quelque chose, j’espérais entendre les questions que des députés de l’opposition (ou de la majorité mais ne rêvons pas) lui auraient posées sur l’action du gouvernement et les retards ou les erreurs qui peuvent éventuellement lui être reprochés. Ces questions ont peut-être été posées. Je ne le sais pas puisque je n’ai pas suivi la retransmission sur la chaîne parlementaire.

Ce que je sais, c’est que les media bien élevés n’ont parlé que de la sortie du confinement et de sa date hypothétique. Tellement hypothétique qu’en parler, c’est perdre son temps. Bien malin celui qui aujourd’hui pourrait dire à quel date le confinement se terminerait. Bien malin, alors Edouard …

Pour le reste, circulez! Pas de polémique!

Tout ça ressemblait à une opération de communication mal montée avec pour seul objectif de ne pas parler de sujets qui pourraient fâcher.

En attendant, toujours pas de masques et toujours pas de courrier depuis maintenant quinze jours (j’attends une carte bancaire). Les postiers sont sans doute des êtres fragiles qui doivent tout faire pour éviter de rencontrer le virus que les soignants, les caissières, les éboueurs, les flics etc côtoient quotidiennement.

La postière du village voisin, rencontrée dans la rue par ma voisine (vous suivez?), lui a dit: « Non, je ne travaille pas, de toutes façons, je suis payée ».

Bon confinement!

Arrêtez-le!

Aujourd’hui, Macron va visiter une usine française qui fabrique des masques. Bien sûr, il ne va pas y aller seul. Il sera accompagné de sa suite (ministres et ministricules, conseillers, aide de camp, gardes du corps, chauffeurs et journalistes). Il sera sans doute accueilli sur place par les autorités locales, les cadres de l’usine et le petit personnel qui lui montrera que c’est vrai: les masques existent! A force d’en entendre parler sans en voir, on avait des doutes. Heureusement que j’en ai vu à la télé, sinon, je ne saurais même pas à quoi ils ressemblent. Là j’exagère. J’en ai vu un, porté par la pharmacienne qui m’a accueilli à la porte de son officine (pas question d’entrer dans la boutique) et qui m’a posé mes médicaments sur la table installée devant elle. « Je suis la seule à en avoir, nous n’en avons pas pour tout le monde », m’a-t-elle dit. Derrière elle, j’ai vu que les autres personnes qui préparaient les sacs de médocs n’en avaient pas.

Donc, en pleine période de confinement, notre Jupiter à nous (que le monde entier nous envie … non! Je rigole), va trimballer du coronavirus dans la France profonde.

Il va aussi peut-être, lui et sa cour ambulante, risquer d’en rapporter à Paris.

Alors, je pose la question: est-ce vraiment nécessaire? A-t-on vraiment besoin de lui dans cette usine? Ne pouvons-nous pas nous passer du discours qu’il va prononcer?

Ne pourrait-il donner l’exemple, se confiner et nous lâcher la grappe?

Plus ça changera …

« Après ne sera pas comme avant », « On demandera des comptes », « Des têtes vont tomber », « L’Etat (ou l’Europe) a failli, il faudra en tirer les leçons », « Il faudra une commission d’enquête indépendante », « Il faut qu’ils dégagent, tous tant qu’il sont, les anciens comme les nouveaux », « Le peuple se vengera des incompétents et des criminels », « On va faire démissionner Macron et convoquer de nouvelles élections » et etc etc.

Au risque de décevoir les rancuniers, il y a de fortes chances pour que rien de tout ça ne se passe.

Et même si une commission d’enquête est créée, même si certains passent devant la Haute Cour, le temps aura passé et continuera de passer et en attendant ils seront toujours là.

Et même si certains sont reconnus coupables (plus vraisemblablement responsables), les condamnations seront légères, très légères sinon nulles. Combien de ceux qui ont été impliqués dans les scandales du passé sont encore en prison? Combien sont revenus aux affaires sans que personne ne s’en offusque?

Et il faudra en plus recaser tout ce petit monde dans des placards dorés et des sinécures juteuses, dans les conseils d’administration d’agences, des présidences d’observatoires, des rapporteurs de commissions et autres ambassades des pôles.

Et même si toute la classe politique impliquée dans ce scandale est éjectée de la vie politique, il faudra bien la remplacer. Pas de problème! Nous avons des réserves. Les moules ne sont pas cassés et nous trouverons d’excellentes copies. A l’ENA, à Sciences-Po et autres grandes écoles où des jeunes des beaux quartiers pourront reprendre le flambeau avec, dans de nouvelles têtes, les mêmes cerveaux formatés qui intégreront la haute administration, se présenteront aux élections, deviendront ministres et poursuivront le travail de leurs prédécesseurs.

Ceux qui auront mal travaillé à l’école mais qui auront une grande gueule et du bagou, deviendront syndicalistes ou présidents d’associations de défense de telle ou telle minorité.

Tout ce petit monde sera copain comme cochons.

Et après une courte période de rodage, tout redeviendra comme avant.

Pendant l’épidémie, la connerie continue

Edouard Philippe déclaré qu’il ne laisserait personne dire qu’il a réagi avec retard.

Et comment entend-il m’en empêcher?

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Pour épargner le plus possible la santé de ses agents, La Poste a décidé de se recentrer sur ses missions essentielles. En vertu de quoi, elle ne distribuera le courrier que trois fois par semaines et n’assurera plus la distribution des périodiques à leurs abonnés. Il n’y aura pas de perte de salaire pour les postiers.

Les employés des commerces alimentaires, eux, continueront de servir les postiers six jours (et plus si affinités) par semaine.

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