Du dérisoire à l’essentiel

J’ai entendu ce matin le chef des syndiqués de la RATP justifier la suspension de la grève et donc le retour au boulot (au chagrin, disait-on, il y a bien longtemps) par la nécessité pour les grévistes de « reprendre des forces ». Parole malheureuse! Comme s’il était moins fatigant de bosser que de ne pas travailler.

Il va avoir du mal à faire oublier cette phrase quand il voudra mettre en avant l’argument de la pénibilité.

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Une mère d’élève futur bachelier protestait dans le même « journal parlé » (j’emploie de vieilles expressions pour vous montrer combien je suis vieux) contre l’organisation des épreuves que doivent passer les lycéens.

Les sujets, disait-elle, sont arrivés trop tard et les professeurs n’ont pas eu le temps de faire travailler leurs élèves dessus. Qu’il est loin le temps où l’on connaissait les sujets au moment où on les distribuait sans la salle d’examen et que le seul moyen de réussir était d’étudier le programme!

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Et revoici le forum de Davos réunissant les grands de ce monde. Macron va y aller, bien sûr, accompagné d’une tripotée de ses ministres et de leur suite. Bonjour le bilan carbone! Et je n’oublie pas que dans ces réunions de travail et autres festivités, on ne se contente pas d’un sandwich jambon-beurre et d’un demi pression. Comme on le verra plus bas, ça reste un investissement très rentable.

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Car Davos a son utilité et prouve son efficacité.: comme tous les ans, on apprend que les riches sont toujours plus riches et les pauvres toujours fauchés. et que les deux mille milliardaires de la planète détiennent à eux seuls soixante pour cent de la richesse mondiale.

Quand je pense que la réforme des retraites prévoit  (c’est un exemple parmi d’autres) qu’il n’y aura pas de pension de retraite de moins de mille euros, je me dis que les grévistes, manifestants, casseurs et autres gilets jaunes sont bien gentils.

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Portez-vous bien et soyez heureux!

Tityre et Mélibée

Ça se joue à deux ou plus. C’est une joute poétique en trois vers rimés de seize syllabes. Chaque participant improvise une réponse à celui qui l’a précédé. C’est dans les derniers mots que se trouve la chute humoristique; idéalement après les trois premières syllabes du dernier vers.

On appelle ça « Chjami è rispondi » (littéralement Appels et réponses)

Et ça donne ça:

ou ça:

 

 

Question de vocabulaire

En langage journalistique faux-cul, la CFDT est qualifiée de syndicat réformiste. Pourquoi « faux-cul »? Parce que la CFDT s’oppose à la CGT et que, dans ce domaine, le contraire de réformiste, c’est révolutionnaire, un mot que les journalistes n’osent prononcer. On se demande bien pourquoi.

Pour faire simple, un syndicat réformiste essaie d’obtenir des patrons (ou de l’Etat) des augmentations de salaire, de meilleures conditions de travail et des avantages sociaux plus substantiels.

Pour un syndicat révolutionnaire, c’est plus simple: tout ce qui pour le syndicat réformiste est un but n’est pour lui que le moyen d’affaiblir le patronat (ou le pouvoir) pour en arriver à l’affaiblissement puis à la suppression du patronat et -du point de vue politique- à un changement radical.

Quand le syndicat révolutionnaire n’arrive plus à mobiliser les foules, il saccage les locaux de la CFDT, va chercher le président au théâtre et détruit des semi-remorques sur le port de Marseille.

De Royaume-Uni à Royal

Je commence ce billet pour vous conseiller d’aller lire l’excellent article de Jacques Etienne et d’écouter (et de réécouter) les deux morceaux qu’il y a insérés.

http://vudescollines.blogspot.com/2020/01/pourquoi-jaime-le-royaume-uni-2.html

J’en profite pour lui dire, s’il passe par ici, que je ne peux toujours pas commenter sur son blog.

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Flavien Moreau, premier djihadiste à avoir été condamné à son retour de Syrie, vient d’être libéré au bout de six ans passés à l’ombre. Il paraît qu’il n’a pas renoncé à ses convictions et qu’il présente toujours un réel danger. Mais rassurez-vous ! Il fera l’objet d’un contrôle judiciaire et sera fiché S. Ouf ! Les « Juifs et les croisés » que nous sommes peuvent dormir tranquilles.

Il est amusant de penser que, pendant qu’il participait aux exactions de ses amis islamistes, tous les pays qui ont uni leurs efforts pour combattre Daech ont cherché par tous les moyens à lui faire passer définitivement le goût du couscous et que maintenant, « ayant payé sa dette », il est libre de ses mouvements dans notre pays.

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L’Australie brûle et ce n’est pas fini. Des milliers d’hectares de forêts ont été réduits en cendres, des millions d’animaux sauvages sont morts, des pompiers se sont sacrifiés, on n’ose estimer les dégâts dont certains sont irréversibles.

Et pendant ce temps, le gros problème des media est le sort du tournoi de tennis d’Australie mais pas celui des joueurs que les organisateurs envoient s’étouffer sur les courts envahis par la fumée pour la gloire des sponsors et le pognon des droits de diffusion.

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Et pour finir, rions un peu avec Ségolène Royal qui a continué d’agacer ses contemporains au point qu’en haut lieu on songe à se débarrasser d’elle. Il est très difficile de se décoller d’emmerdeuses  d’emmederesses (merci, Brassens!) de cet acabit. Quoi qu’on fasse, que l’on essaie de les apprivoiser ou qu’on essaie de les faire taire, on a systématiquement tort. Et pourquoi? Parce que tout ce qu’on lui dit ou fait, est pris par elle comme le signe de la misogynie dont elle est l’éternelle victime.

Il est difficile de se faire entendre de quelqu’un pour qui son vagin est à la fois une excuse et un argument, un drapeau et un bouclier.

Bon courage à Macron qui a fait la bêtise de vouloir lui offrir un confortable fromage croyant obtenir en échange qu’elle ferme son clapet!

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Soyez heureux!

Surtout, ne touche pas au bouton rouge!

Le premier ministre canadien m’a affirmé ce matin que le Boeing ukrainien qui s’est écrasé en Iran a été abattu par un missile tiré par les forces iraniennes qui, au même moment en envoyaient d’autres sur des bases américaines en Irak.

Mais, histoire de ne pas lancer d’accusation sans autre information (on attend toujours les boîtes noires), il a dit aussi que ce tir n’était « probablement pas intentionnel ».

En d’autres mots, les Iraniens ont lancé un de leurs missiles sur un avion de ligne civil, tuant tous ses passagers mais ils ne l’ont pas fait exprès.

Ouf! On respire.  A la réflexion, on a tort.

Car on essaie de nous faire croire que ce n’est pas grave. Eh bien! Moi, je trouve que c’est au moins aussi grave et même plus.

Aussi grave parce que -exprès ou pas exprès- les cent soixante et quelques passagers sont morts de toute façon.

Et plus grave, bien plus grave, parce qu’on en conclut que ces dangereux imbéciles sont incapables d’utiliser proprement les armes qu’ils détiennent.

On nous dit qu’après la dénonciation par Trump de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, la république islamique d’Iran serait capable de disposer de la bombe dans un an et demi.

Imaginez un peu ce qu’il se passerait si ces gens utilisent leur bombe comme leurs missiles.

Ça me rappelle que le Pakistan est lui aussi une république islamique, qu’il est modéré dans sa modération et qu’il est une puissance nucléaire.

Dormez tranquilles, braves gens!

Retour aux fondamentaux

D’accord! On peut dire que Trump jette de l’huile sur le feu. On peut aussi penser que ça va peut-être calmer un peu les Iraniens. On verra bien.

Le général pulvérisé est, disent ses copains, un martyr entré par la grande porte au paradis de son Allah. Un mal pour un bien, dira-t-on. Ça montre que la guerre que mènent les Iraniens est -aussi- une guerre de religion. Il faut toujours garder ça en mémoire.

Mais une chose est certaine: il y a des moments où il ne faut pas faire chier le Donald.

Imbéciles!

Un mot qui franchit souvent mes lèvres quand j’écoute la radio. Il faut dire qu’au milieu de vrais professionnels (si, si, ça existe) les commentateurs incultes, les humoristes bien-pensants, les journalistes analphabètes, on entend de tout: des fautes de français, des impropriétés de termes, des conjugaisons hasardeuses, des liaisons mal-t’à propos, des fautes d’orthographes parlées (faut l’faire!) et autres choses propres à écorcher les oreilles de quelqu’un qui a bien travaillé à l’école du temps où on y apprenait quelque chose.

Alors, je me défoule et j’engueule mon poste.

A l’occasion du passage à la nouvelle année, on a franchi une nouvelle étape. Ce n’est plus le français qui souffre, c’est le calcul (niveau cours élémentaire de mon temps). Un journaliste, en nous présentant ses vœux, nous a annoncé qu’en 2020, nous entrions dans une nouvelle décennie. Soucieux sans doute de ne pas être en reste et de ne pas manquer le scoop, d’autres de ses confrères ont répété la même bêtise.

Une décennie, ça comprend dix ans et pas neuf. 2020 est la dernière année de la seconde décennie du siècle et non la première de la troisième.

Comptez sur vos doigts, un pour le pouce, deux pour l’index, trois pour le majeur et ainsi de suite. Continuez avec vos doigts de pieds et vous arrivez à vingt à la fin de la seconde dizaine (sauf pour ceux à qui il manque un orteil).

C’est pourtant simple.

Ce doit être les mêmes imbéciles qui, le premier janvier 2000 m’ont annoncé que nous entrions dans le vingt-et-unième siècle.