En attendant Macron

Puisque les jeux sont faits, que les politiciens de tous bords font la queue pour se rallier à Macron, que les socialistes de plus en plus nombreux abandonnent celui qu’ils ont désigné dans leurs primaires (ceux qui y ont voté doivent le regretter), que Fillon est empêtré dans ses costumes et que la Marine n’a aucune chance, on peut penser à autre chose.

Je viens de finir le dernier Philip Kerr paru au Livre de poche (La dame de Zagreb) et ça me fait penser que je n’ai jamais dit tout le bien des bouquins de cet auteur. Outre leur intrigue, leur style, l’humour qui s’en dégage en permanence, ils donnent une image de l’Allemagne nazie vue de l’intérieur.

Pour ceux qui seraient tentés, je leur conseille de commencer par la « Trilogie berlinoise« .

Sinon, vous pouvez faire comme moi: vous plonger dans la série du Capitaine Alatriste d’Arturo Perez-Reverte que je relis avec le même plaisir.

Portez-vous bien et soyez heureux!

PS: Mais qu’est-ce qu’on leur apprend à l’école?! Macron qui avait parlé des « expatriés » pour les « métros » qui vivaient en Guadeloupe (département français) vient de récidiver en parlant d' »île » à propos de la Guyane. Et ça veut être président!

Si c’est un Anglais, y a rien à dire

Le récent attentat de Londres a été commis par Khalid Masood (le nom qu’il préférait utiliser) , un immigré de la seconde (ou la troisième?) génération. Il a été revendiqué par Daech.

J’ai entendu ce matin, sur France-Culture un Anglais qui affirmait que l’immigration n’avait pas de lien avec les attentats djihadistes car l’assassin « était un Britannique né en Angleterre ».

Quand on pense que le maire de Londres est un musulman d’origine pakistanaise, on doit reconnaître que les British ont fait des efforts. Ce qui doit  rendre d’autant plus incompréhensibles les raisons de l’attentat au yeux du type qui causait dans le poste.

Pour ma part, je ne comprends pas les raisons qu’a le Royaume-uni de vouloir quitter l’Europe: les Anglais sont aussi cons que les autres Européens.

FN, fais-leur peur!

Il fallait s’y attendre. Comme à chaque élection, partis et candidats se drapent dans leur démocratisme, leur républicanisme et, ils l’osent, leur anti-fascisme pour nous conseiller de (roulement de tambour) « faire barrage au Front National » comme si la Marine, même en accédant au second tour, avait la moindre chance d’arriver à l’Elysée pour nous faire revivre (nouveau roulement de tambour) « les heures les plus sombres de notre Histoire ».

Bande de rigolos! Si vous ne voulez pas du FN, la solution est simplissime: il suffit de ne pas voter pour Marine Le Pen! Et surtout de ne pas donner envie de voter pour elle.

Oui mais voilà, si nous ne votons pas pour le FN, on nous suggère de voter pour quelqu’un d’autre. Et c’est là que l’affaire devient tordue et l’argument pervers: on peut et même on doit voter pour n’importe qui.

Et des « n’importe qui », on en a un paquet. Et beaucoup (je ne dis pas tous pour ne pas choquer les convictions de mes lecteurs), nous promettent n’importe quoi. Ils auraient tort de s’en priver puisqu’ils savent bien que leur argument ultime sera de « fai-re-bar-ra-ge-au-Front-Na-tio-nal ». Cela obligera les électeurs à pas tenir compte des programmes, des arguments, des compétences, des personnalités et même de l’honnêteté des candidats.

On en conclut que l’argument « faire barrage au Front National » devient celui de ceux qui n’en ont pas et espèrent ramasser la mise en étant au second tour opposés à Marine Le Pen.

Alors, chers électeurs à qui on essaie de faire peur faute de les faire rêver ou de leur proposer un vrai programme, à vous de jouer. Le meilleur moyen de ne pas vous trouver devant le choix entre la peur et la résignation est de vous arranger pour que Marine ne soit pas au second tour.

A ce moment, vous aurez hélas! le choix entre deux sortes de résignation.

Escapade au soleil (c’est nous qui payons)

Un ministricule va venir aujourd’hui dans mon village pour inaugurer un petit local qui abritera une antenne regroupant certains services publics. A cette occasion, depuis plusieurs jours, le bled a été nettoyé de fond en comble par les employés communaux, un détachement de gendarmerie est déjà sur place pour déjouer tout attentat (et décourager toute manifestation) de même qu’un camion de pompiers et quelques hommes prêts à éteindre un éventuel incendie et une ambulance avec son personnel médical ont été mobilisés pour le cas où l’excellence ferait un malaise où tomberait dans les escaliers.

Je passe sur les nombreux officiels qui viendront de Paris pour accompagner le ministre et ceux qui l’accueilleront à son arrivée. Sans oublier les journalistes qui immortaliseront l’événement.

Combien coûtera la plaisanterie, voyages, salaires des uns et des autres, frais divers, empreinte carbone, embouteillages et temps perdu? On ne le saura jamais.

De toutes façons, ce sera trop cher.

Je ne peux qu’espérer que le figatellu dont on régalera le bonhomme fera monter son taux de cholestérol à des altitudes stratosphériques, que la pasta reale l’étouffera et qu’il pleuvra pendant son séjour.

Innocence présumée fictive

Bruno Le Roux était député et président du groupe socialiste à l’assemblée nationale. Jusqu’en décembre dernier il prétendait à tort être diplômé d’HEC et de l’ESSEC. Démasqué, il a corrigé ses curriculum vitae. Convaincu d’un mensonge qui aurait été un motif de licenciement dans n’importe quelle entreprise privée, il est quand même resté député. Ce qui prouve une nouvelle fois qu’on peut être à la fois menteur et député.

A l’occasion du récent remaniement, il a été nommé ministre de l’Intérieur. Quand on a découvert que les emplois d’assistants parlementaires de ses filles risquaient d’être aussi fictifs que ceux des enfants Fillon et que le parquet financier s’intéressait à la chose, on a accepté sa démission. Il semble donc qu’il faille un minimum d’honnêteté pour travailler place Beauveau. Faux diplômes, d’accord mais emplois fictifs, non.

Il redevient donc député. Menteur quand il a quitté l’Assemblée, il y retourne voleur.
Ce qui prouverait qu’avec les doigts poisseux on peut-être député mais pas ministre.

Et encore moins président: une pierre très bien venue dans le jardin de Fillon. Mais ce n’est qu’une coïncidence.

Viens voir les comédiens …

La piste est prête, en coulisse les clowns se préparent. C’est TF1 qui organise. Pour faire sérieux, le spectacle portera le nom de débat. Mais personne ne s’y trompe. On espère que ça va saigner et qu’on va bien rigoler. Et que ce sera aussi bien que dans « The voice » ou « Le maillon faible ». Et que les spécialistes nous diront après qui a gagné. Gagner un débat! Comment peut-on gagner un débat? Gagner un combat, je veux bien, gagner une élection aussi, mais un débat?

Et si ce doit être un combat qui permettra de juger de la pugnacité des candidats dans l’optique des rencontres internationales qui attendent le futur président, il va falloir chercher ailleurs. Je rappelle que Poutine est ceinture noire de judo.

Mais je ne regarderai pas.

D’abord parce que certains des prétendants à l’Elysée ne seront pas là. Il n’y aura que les « principaux ». De quel droit TF1 s’adjuge le droit de décréter qui est principal et qui ne l’est pas? Mystère. Il paraît que la chaîne a demandé son avis au Conseil d’Etat. Circonstance aggravante! La plus haute autorité administrative cautionne cette atteinte à la démocratie en refusant de prendre en compte des gens qui se sont pourtant pliés aux règles et obtenus leurs parrainages. C’est dire à ceux qui ont signé pour Dupont-Aignan ou Poutou que leur signature ne vaut pas un pet de lapin et que, quand on est gauchiste ou souverainiste on ferait mieux de rester chez soi. Ça leur servira de leçon: la prochaine fois, ils hésiteront avant de parrainer n’importe qui.

Oui mais, objecte-t-on, un débat à cinq, c’est déjà difficile à organiser alors, vous pensez, un débat à onze! Et une campagne à onze, c’est plus facile? Onze panneaux à dresser devant les mairies, vous vous rendez compte? Onze temps de parole à décompter, onze spots imbéciles à passer à la télé en s’arrachant les cheveux pour l’ordre de passage. Sans parler des budgets de campagne à contrôler et des voix à compter. Et pourtant, il faudra bien.

Soyons sérieux,nous dit-on, les « petits candidats » n’ont aucune chance. Il est donc inutile qu’ils viennent encombrer nos jolis écrans. Ah bon? Et Mélenchon, il a une chance? Et Hamon? Et Marine Le Pen? Et ce n’est pas à TF1 de nous donner les résultats du premier tour avant même qu’on ait ouvert les bureaux de vote.

Tout ça pour faire du spectacle et de l’audience et permettre à des journalistes de nous expliquer plus ou moins explicitement pourquoi il faut voter Macron.

Eh bien! Ce sera sans moi. Il y a Amadeus sur une autre chaîne.

C’est un peu la pagaille

Le type qui a été abattu à Orly après avoir tenté d’utiliser le fusil d’une militaire de l’opération Sentinelle pour commettre un attentat  au nom d’Allah avait été signalé comme « radicalisé ». Il ne faisait pourtant pas l’objet d’une fiche S. On peut se demander pourquoi. On peut aussi se demander à quoi servent ces fiches puisque ceux qui y sont répertoriés peuvent se balader dans la nature.

Il était de plus sous contrôle judiciaire, c’est à dire qu’il était astreint à pointer à la gendarmerie de temps en temps. Et qu’entre deux pointages (à condition qu’il s’y soumette), il était libre comme l’air.

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Heureusement que le garçon qui a tiré dans le lycée de Grasse n’est pas musulman! Vous imaginez celles qui ont été Charlie, porter un panneau « JE SUIS GRASSE »?

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Les  campagnes électorales qui s’éternisent finissent par lasser.  Peut-être en ai-je trop vu?