Rions un peu et apolitique politicienne

En mars dernier, le Parlement européen proposé de suspendre les négociations avec la Turquie.

Lesquelles?

Celles qui sont destinées à préparer son adhésion à l’Union européenne.

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Le ministre de l’Intérieur suggère que la mention de l’appartenance politique des maires des petites communes n’entre pas dans le résultat des élections au motif qu’ils dirigent le plus souvent des listes « d’intérêts locaux » ou « sans étiquette » et donc sont « apolitiques ».

Les mauvaises langues suggèrent que c’est pour cacher la modicité du nombre de sièges que remportera la République en Marche, peu implantée dans nos vertes campagnes.

On oublie trop souvent que les maires font partie des grands électeurs qui votent aux sénatoriales, que les sénateurs appartiennent à un parti et que donc un maire « sans étiquette » peut en votre nom, envoyer au Luxembourg un sénateur dont la couleur politique est opposée à vos convictions.

Rappelons aussi que ce sont les sénateurs qui élisent leur président appelé à assurer l’intérim du président de la République en cas d’incapacité de ce dernier pour quelque raison que ce soit.

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Soyez heureux et portez-vous bien!

Vigoureusement

Célèbre tableau XIXe : des corps agonisants au premier plan ; à droite un soldat moustachu sur un cheval cabré ; au loin des villages en flammes

Les massacres de Chio (Eugène Delacroix)

On pourrait appeler ça de la xénophobie tant les Turcs se sont efforcés de supprimer tout ce qui, chez eux et aux environs, n’était pas « de souche ».

Sans remonter trop loin, on peut se souvenir qu’au début du XIXème siècle, la Grèce était sous domination turque et que les Grecs n’ont cessé d’essayer de se libérer. Et les Turcs de réagir aux soulèvement par des massacres dissuasifs (Salonique, Smyrne, Constantinople etc).

Un des épisodes les plus connus de cette guerre d’indépendance est celui des massacres de Chios et de Pasra, deux petites îles de la mer Egée. Sur instruction du sultan (tuer tous les hommes moins de douze ans, toutes les femmes de plus de quarante ans et tous les enfants de moins de deux ans), l’armée turque a fait 25 000 morts et envoyé en Turquie 45 000 esclaves. Il y eut quand même, dit-on, quelques milliers de Grecs qui ont pu s’échapper par la mer.

La communauté internationale s’est émue. Comme aujourd’hui. Mais n’est pas allée au-delà de l’émotion. Un mauvais tableau de Delacroix, quelques mauvais vers de Victor Hugo. Pas grand chose de plus. Il n’y a que Lord Byron (l’imbécile!) qui est allé se faire tuer aux côtés des Grecs.

On pourrait aussi parler du génocide arménien ou de l’affaire de Chypre (qui se prolonge aujourd’hui avec des forages d’exploration dans les eaux territoriales de la partie grecque de l’île).

Et maintenant que Trump les a laissés tomber, des Kurdes qui ont des soucis à se faire devant le franchissement de la frontière syrienne par l’armée turque qui semble avoir pour instructions de frapper fort. Un nouveau massacre? Un nouveau tableau? Une nouvelle chanson?

A l’évidence, les Turcs n’aiment pas ceux qui ne sont pas Turcs. Ils le prouvent depuis des siècles.

Mais nous ne baissons pas les bras: infatigablement, nous protestons vigoureusement.

Jupiter se fait Hercule

J’apprends que les collègues de Michaël Harpon le surnommaient Bernardo en référence au serviteur muet de Zorro. Ce qui n’était pas gentil du tout et même très méchant puisque le bonhomme était sourd. L’imbécile qui rapportait ça à la radio (l’antipathique Laurent Ruquier) trouvait ça très drôle comme si se moquer du handicap de quelqu’un était une preuve d’humour. D’humour de fonctionnaire de police mais quand même! Comme ils évitent de passer pour racistes, ils ne l’ont pas surnommé Bamboula ou Blanche-Neige. Mais ils n’ont quand même pas pas hésité à passer pour de sales cons.

Certes, le tueur de la Préfecture était un musulman radicalisé ce qui explique son geste. Mais ne peut-on pas penser que les moqueries de ses collègues n’ont pas aidé à son intégration, ont pu entretenir chez lui une certaine rancune envers eux et même constituer l’élément déclencheur?

En Allemagne, un autre esprit faible pour ne pas dire un autre imbécile s’est mis en tête de faire un carnage dans une synagogue. Comme on sait, l’antisémitisme est une maladie mentale dangereuse. On pourrait se dire que ce type était un solitaire, inadapté, frustré, déséquilibré etc etc. Mais ses idées, son idéologie simpliste, il a bien fallu qu’il les prenne quelque part. Ou auprès de quelqu’un. Alors, méfiance! Et même vigilance! Car il est plus facile de prendre la maladie dès les premiers symptômes que lorsqu’elle s’est étendue dans une société. L’histoire récente nous en a donné des exemples.

Oui, vigilance comme nous l’a recommandé Macron, notre Jupiter à nous, à propos de l’hydre islamiste qui, comme le monstre qu’a combattu Hercule, voit ses têtes repousser plus nombreuses quand on réussit à en couper une. La difficulté sera de déterminer la limite entre l’islamisme radical et le reste des musulmans; entre les musulmans modérés, les modérés sympathisants, les intégristes pour l’instant paisibles, les frères musulmans et les activistes. Et puis, comment exercer sa vigilance sans tomber dans le soupçon ou accuser ceux qu’on croise de délit de sale gueule? Problème quasiment insoluble quand on constate les précautions prises en haut lieu pour ne pas fâcher la communauté musulmane. Jupiter a beau endosser l’habit d’Hercule, sa victoire est loin d’être acquise. Il y a de quoi être vraiment pessimiste.

A côté de ce qui nous attend, l’épisode Sylvie Goulard dont les députés européens n’ont pas voulu n’est qu’une occasion de ricaner. Alors, ricanons! Ce sera toujours ça de pris.

 

« Ayant pour but »

Il a fallu quelques jours pour qu’on qualifie les assassinats de la Préfecture de Police d’attentat terroriste. Car, voyez-vous, mes bons amis, n’est pas terroriste qui veut. Ce serait trop facile. Il ne suffit pas de lancer un camion dans la foule, de tirer à l’aveugle dans la rue ou d’égorger tout ce qui passe à sa portée pour être qualifié de terroriste. Crier en plus « Allah Akbar » ne suffit pas non plus, ni fréquenter une mosquée salafiste, se balader en djellaba ou regarder des vidéos de Daesh plutôt qu’une série américaine sur Netflix.

Non! Il y faut l’intention. Car il y a une définition juridique du terrorisme et dans cette définition, il est fait explicitement mention de l’intention. C’est « une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ». Les mots importants sont « ayant pour but« .

Grâce à cette définition, on peut qualifier les actes commis et confier le dossier aux bonnes personnes. Un place pour chaque chose, chaque chose à sa place et l’administration est contente.

Sauf qu’on a pris le problème par le mauvais bout en inventant (oui, en inventant) un crime particulier à cause de l’intention de celui qui le commet tout en fermant les yeux sur un de ses éléments: l’idéologie coupable.

Car, en l’espèce, l’intention, on s’en fout. Que Michaël Harpon ait tué ses collègues pour mettre en application telle sourate du Coran, pour obéir à son imam ou sur les instructions d’un recruteur de Daesh, que la fréquentation des sites salafistes l’ait persuadé que son devoir de bon musulman (ah! le zèle des convertis), pour le plaisir de tuer des mécréants ou « des Juifs et des croisés », on s’en fout. Et (allons jusqu’au bout) peut-être n’avait-il aucune intention de « troubler gravement l’ordre public », qu’il n’y pensait même pas, à l’ordre public, que l’ordre public était le cadet de ses soucis.

Ce qu’on a refusé de voir (« toutes les hypothèses sont envisagées »!!!), c’est que l’assassin a tué parce que, musulman intégriste, islamiste extrémiste (quel que soit le nom qu’on veut lui donner), il est passé à l’acte comme d’autres l’ont fait avant lui et comme risquent de le faire n’importe lequel de ceux qu’on a fichés, signalés, surveillés et même de ceux dont on ignore encore l’existence.

Alors, la tuerie du 36, quai des Orfèvres n’est pas un attentat « terroriste » ce qui ne veut rien dire mais un attentat islamiste. Et cela nous dit la raison de son acte. Cela éclaire l’enquête à venir et aurait dû alerter les responsables, collègues et supérieurs, avant qu’il ne le commette.

PS: Pourquoi mon correcteur d’orthographe s’obstine-t-il à vouloir me faire écrire « salutiste » quand je veux écrire « salafiste »? Croit-il qu’en supprimant le mot, on supprime la chose? A-t-il peur des représailles? D’être complice d’un islamophobe présumé? A-t-il une dent contre l’Armée du Salut?

Gardons-les!

Certains politiques réclament la démission du ministre de l’Intérieur et du préfet de Police dont les subordonnés n’ont pas remarqué qu’un islamiste dangereux s’était glissé dans le Service de Renseignement de la Préfecture de Police au motif qu’ils sont responsables de ce qui se passe sous leur autorité.

Et qu’est-ce que ça changera? Faudra-t-il aussi envoyer à Pôle Emploi tous les collègues et tous les supérieurs directs de l’assassin? Eux ne sont pas responsables mais ils sont coupables de ne pas avoir vu ce qui leur crevait les yeux, de ne pas avoir tenu compte des avertissements qu’on leur communiquait et surtout d’avoir préféré laisser courir pour ne pas faire de vagues et ne pas s’attirer d’ennuis.

Car on en est là: l’Islam est un sujet sensible qu’il vaut mieux ne pas aborder sinon pour en dire du bien en ignorant jusqu’au bout (et ce bout, encore une fois, a été atteint) ce qu’il implique chez ceux qui le prennent au pied de la lettre.

Alors, gardons Castaner et Lallement. Il font bien ce pour quoi on les a mis là où ils sont: réprimer les manifestations des gilets jaunes. Rien de plus. Le reste n’est ni demeure compétence ni de leur ressort qui est politique.

Les Pieds Nickelés frappent encore

Si ce n’était pas si triste, si ce n’était pas si grave, il y aurait de quoi rigoler comme un régiment de bossus (désolé pour « bossus », je ne connais pas l’expression politiquement correcte).

Car enfin, voilà un bonhomme qui, paraît-il, aurait été déjà « signalé » en raison de ses fréquentations salafistes depuis bien longtemps et qui travaillait tranquillement à la Direction du Renseignement de la Préfecture de Police. On est bien obligé de se poser des questions.

Par qui aurait-il été signalé sinon par un service de renseignement? A qui l’aurait-il été sinon aux services de police?

Pour couronner le tout et plonger un peu plus profondément dans l’absurdité, ces mêmes services de police, par la voix du préfet en personne affirment « qu’il était en règle avec son habilitation secret-défense ». On a sans doute oublié, comme à Benalla de lui fournir des passeports diplomatiques!

Le JDD d’hier nous dit sans rire que « les motivations et le degré de préméditation de l’agent administratif sont au centre des investigations menées par la brigade criminelle » Et le préfet renchérit: « Notre lucidité de policier nous amène à n’exclure strictement aucune hypothèse à ce stade ».

Si ça, c’est de la lucidité, que serait l’aveuglement?

Il semble que les Pieds Nickelés aient fait des émules à la tête de l’État.

Tout ça n’est pas rassurant.